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Lettre à notre père, Jacques Iékawé

  • Par Karine Boppdupont
  • Publié le , mis à jour le
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Edito de Patrick Durand-Gaillard, directeur de la collection Itinéraires

Hommage rendu à celles et ceux qui tissent les liens de notre communauté de destin
« Jacques IEKAWE Lettre a notre père » Film « Nouvelle-Calédonie la 1ere » / « JPL Productions » et « AV Com » de Colette ALONSO

La mémoire de Jacques IEKAWE,1er préfet Kanak, décédé en  1992, revient dans les esprits au travers du film diffusé mardi dans « ITINERAIRES ». Une révérence filmique réalisée sous la forme d’un documentaire de 52’ qui fait le récit d’une tendre interpellation « épistolaire » signée de sa descendance . L’initiative de NC la 1ere de réexposer le parcours de ce Haut –fonctionnaire,  originaire de Tiga,  dépasse le simple cadre du parcours exceptionnel de l’enfant du pays appelé aux plus hautes responsabilités. Elle veut aussi rappeler – pour celui qui fut élu à la tête de la CPS en 1991- l’héritage laissé aux plus jeunes au travers de ce qui fut appelé alors la « génération Iekawé » .
Car c’est l’une des ambitions de la case Identitaire de Nouvelle-Calédonie la 1ere que de célébrer ces destins singuliers pour mieux en perpétuer la survivance auprès des jeunes générations.




Interview de Bruno Iekawé, fils de Jacques Iékawé


- Comment est venue l’idée de ce documentaire « lettre à notre père » ?
Cette idée de documentaire est venue au moment de la cérémonie des 25 ans de mon père. Dans une discussion avec la famille et des amis proches nous avons fait tous collectivement fait le constat qu’il n’existait pas de documentaire digne de ce nom sur la vie et l’héritage de notre père.
Avec ce documentaire, 25 ans après sa disparition,  il est reconnu comme un des bâtisseurs de la Nouvelle-Calédonie d’aujourd’hui et de demain.

- Quelle a été la participation de la famille dans le film ?
Toute la famille (au sens large), s’est beaucoup impliquée dans la réalisation de ce documentaire. Nous avons ressortie tout ce qui trainait dans nos malles, nous avons ressortie aussi l’ensemble de nos albums de famille. Mais le plus important dans tout cela, est que nous avons fait notre devoirs de mémoire envers notre père et envers le Préfet Jacques IEKAWE.

- Quelles relations aviez-vous avec votre père ?
Malgré des fonctions très prenantes, nous avons eu des relations d’un père à son fils. Il n’a eu de cesse de me conseiller, de me pousser à l’école, de me réprimander quand cela s’est avéré nécessaire. En somme, il a fait de moi, la personne que je suis aujourd’hui grâce à l’éducation qu’il m’a donné.

- Quand il est mort vous aviez 18 ans, quels souvenirs en avez-vous ?
Les souvenirs aussi bien heureux que douloureux sont toujours bien présentes en moi parce que c’est ce qu’il me reste de ma vie avec mon père.
Au moment de son décès nous venions d’arriver mon grand-père et moi en Nouvelle-Zélande. Nous sommes arrivés trop tard à son chevet. Nous avons ensuite été pris en charge par l’ambassade à Wellington jusqu’au retour à Nouméa.
A notre arrivée à La Tontouta, dès la sortie de son cercueil de l’avion, il ne nous appartenait plus (dans le sens où notre famille, la famille au sens très large, l’Etat et les autorités calédoniennes ont pris la suite des évènements jusqu’à son enterrement).

- Quel a été le rôle de votre père dans « Mélanésia 2000 » ?
Il a été auprès de Jean-Marie Tjibaou dès le départ pour penser « Mélanesia 200 », pour structurer l’idée de JMT.
Une fois les forces vives regroupées, l’équipe qui a œuvré à la réalisation de « Mélanesia 2000 » s’est mise en place. Papa a pris les fonctions de trésorier du comité d’organisation avec Kaen IHAGE, et il a eu la charge d’aller chercher les financements pour assurer la bonne marche de cet évènement ô combien important pour l’époque.

- Quel regard portez-vous sur le film ?
Le documentaire est, pour moi, une sorte de reconnaissance de la pierre posée par papa à la construction du pays, comme d’autres l’ont fait avant lui et après lui.
Mais la particularité de ce documentaire réside dans le fait qu’on retrouve et le Préfet Jacques IEKAWE et notre père et enfant de Toka Nod, Iénéic.

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