Pierre Gope, un dramaturge kanak (29 mars 2017)

En retraçant les étapes de la vie de Pierre Gope, chevalier des Arts et des Lettres, ce film en forme de portrait lève le voile sur les forces qui ont permis à cet enfant maréen, déscolarisé en CM2, de traverser les espaces entre les mondes et les cultures pour devenir un dramaturge kanak.

  • Par Karine Boppdupont
  • Publié le

La culture kanak à travers les yeux de Pierre Gope


Fiche technique

Production : JPLprod/AVcom/Anûû-rû âboro/TVLyon/NC 1ère
Réalisation : Colette Alonso
Durée : 52 min


Entretien avec Colette Alonso, réalisatrice et amie de Pierre Gope

Colette Alonso est une vieille amie de Pierre Gope. Sous son regard, il accepte de se livrer. Rencontre avec cette réalisatrice, dont c'est le premier long métrage.

Comment avez-vous connu Pierre Gope ?
 
J'ai connu Pierre Gope lors du stage d'écriture théâtrale organisé par la Province Sud au Centre d'Art dirigé par Dany Toubiana en 1991 
 
Qu’est-ce qui vous a donné un film sur Pierre Gope ?
 
J'ai beaucoup aimé les pièces de Pierre Gope dès le début et j'ai suivi son travail depuis lors.
 
Qu’avez-vous appris d’autres sur le personnage à travers ce film ?
 
Ce que j'ai appris sur le personnage à travers ce film, c'est le switch permanent qu'il doit faire entre sa culture et la culture française pour pouvoir toucher tout le monde ici. Ce qui m'a touché,  c'est la découverte d'une forme de dyslexie dans son enfance qui l'a empêché d'être un écolier brillant et sa surprise quand il a découvert cela avec notre orthophoniste "Mais c'était pas de ma faute alors!".
 
Comment avez-vous abordez la réalisation ?
 
J'ai réalisé une dizaine de courts métrages seule ou avec d'autres équipes, suivi des cours (scénario, image, son, lumière, montage, photo) et même donné des cours d'écriture de scénario à l'université de la Réunion. J'ai lu tous les bouquins que j'ai pu sur la réalisation. J'ai beaucoup appris aussi lors du tournage avec Mai Leflochmoën.
 
Le film est très bien documenté, il explique aussi la culture à travers les yeux de Pierre Gope…
 
Nous avons fait un important travail de recherche que ce soit sur le fond de l'INA, de NC 1ère, du Centre Culturel Tjibaou. J'ai aussi lu à Tjibaou tout ce qui a été écrit sur Pierre dans Mwa Wee et dans les livres sur le théâtre calédonien. J'avais vu les pièces de Pierre et même réalisé en Province sud la diffusion d'une des ses pièces "Tartuffe ou les sentiers de la ruse". Nous avions eu avec Pierre des Interviews préliminaires déjà fin 2015. Le plus difficile c'est vrai, c'est comprendre le regard de Pierre sur le monde et d'oublier son propre regard, ses propres classifications pour laisser s'exprimer l'autre sans le limiter dans notre vision du monde.