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Terre de Mémoires du 15 septembre 2015

Un trésor d'archives partagé dans "Terre de Mémoires" pour célébrer les 40 ans de Mélanésia 2000. Coup de projecteur sur la société mythique mélanésienne réalisé par Guy Pascal en 1970. 52' pour mieux comprendre la base de fonctionnement de ce peuple aux traditions orales bien ancrées.

  • Par Prisca Rabenjoro
  • Publié le , mis à jour le
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Invité:

Emmanuel KASARHEROU, Adjoint au directeur chargé du patrimoine des collections au Musée du Quai Branly à Paris.

Mené par le premier journaliste calédonien de la télévision : Guy Pascal, le film lève le voile sur un mythe : l’homme mélanésien. Le réalisateur met en scène une série de témoignages avec Jean-Marie Tjibaou, l’historien Bernard Brou, l’archéologue Dianiel Frimigacci, un scientifique de l’ORSTOM, le fils de Maurice Leenhardt et deux jeunes lycéens du Lapérouse : Pierre Ngaiohni, actuel Maire de Maré et Walles Kotra, Directeur Régional de NC 1ère.
Selon l’éducation nationale les élèves mélanésiens représentant 54% des inscrits et les européens 46%. Pourtant, ils sont 73% européens à passer en études secondaires contre 27% de mélanésiens. Walles Kotra se souvient « nous étions 7 kanaks à passer le bac au Lycée Lapérouse en 1973. Il y avait un vrai souci d’intégration ». Il dit d’ailleurs dans son interview alors qu’il est âgé de 17 ans
«nous ne sommes pas sur un même pied d’égalité avec mes collègues européens ».
Mélanésia 2000 réunit 50.000 personnes et marque le début d’une renaissance culturelle pour le peuple Kanak, dont l’identité était jusque là, ignorée.
 

Entretien avec Louis Palmiéri, journaliste-caméraman sur le film :

Quel était le message du film ?
Louis Palmiéri : C’était peut-être justement de donner des clefs sur cette société mélanésienne. C’est un film à mon avis à voir plusieurs fois. Il est vraiment dense.
Y-a-t-il eu un important travail d’archives ?
L.P : Nous étions trois cameramen et nous avons tourné ce film en plusieurs fois sur plusieurs mois. Seules des images de l’île des Pins et des danses traditionnelles ont été sorties des archives.
 
Le film traduit une recherche de reconnaissance de l’identité Kanak, problématique des événements…
L.P : Oh non pas du tout. D’ailleurs à l’époque les Kanaks ne parlaient pas d’indépendance. L’indépendance, elle a été proposée à Paris avec Chirac. C’était soit l’indépendance soit un département. Les affairistes de Nouvelle-Calédonie ne voulaient pas que ça devienne un département. Non ce que voulaient les mélanésiens c’était qu’on reconnaisse leur culture. Et c’est le travail que nous avons essayé de mener au travers de plusieurs documentaires.
 
Pensez-vous que ce film ait touché les calédoniens blancs de l’époque ?
Ah oui je pense…D’ailleurs nous avons un tourné un volet numéro deux de ce documentaire toujours avec Guy Pascal « Leenhardt et la société mélanésienne ». On y retrouve Jean-Pierre Deteix, Jean-Marie Tjibaou, K.Ihagé. C’est un film très intéressant. Ce serait bien que les calédoniens puissent le revoir.
 
Comment avez-vous rencontré Jean-Marie Tjibaou ?
L.P : Pour le film, nous avions suivi avec Guy Pascal le stage qu’il donnait sur « la civilisation mélanésienne ». D’ailleurs à l’époque il n’utilisait pas le mot Kanak, personne ne l’utilisait. Le premier à avoir utilisé le mot Kanak c’est Edouard Pentecost. Jean-Marie commençait son stage en nous disant « je sais très bien ce que vous pensez des mélanésiens, ce sont des alcooliques, feignants, bon à rien ». Il avait des propos durs. Il était lucide mais il était justement là pour nous expliquer le contraire. La force de cette société notamment avec le pouvoir du tôtem qu’il explique dans le film.
 
Les origines de la civilisation kanak ne sont pas très claires au début des années 70, on en sait plus aujourd’hui…
L.P : Avec Christophe Sand et le carbone 14, on en sait plus aujourd’hui, oui c’est sûr. Mais dans le film c’est plutôt clair. L’historien Bernard Brou évoque la possibilité que la civilisation soit venue par la terre de l’Australie, contredit aussitôt par un intervenant de l’ORSTOM. Le niveau de la mer, même il y a 20 000 ans durant la période des glaciations n’aurait vraisemblablement pu baisser que de quelques mètres. A l’époque, la théorie c’était que la civilisation mélanésienne vienne d’Indonésie. Je crois que ce n’est toujours pas contredit aujourd’hui.

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