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La guerre des prix n’est pas gagnée

Un panier de courses deux fois plus cher qu’en Métropole, c’est le constat dressé par l’UFC-Que choisir après une nouvelle enquête, réalisée après de huit grandes surfaces calédoniennes. 

© NC la 1ère / Infographie
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  • Par Françoise Tromeur
  • Publié le , mis à jour le
Un Calédonien paye 124% plus cher qu’un Métropolitain pour le même panier de courses. C’est deux fois plus, voire davantage: selon l’enseigne, le surcoût varie de 106 à 176 %. L’antenne locale de l’UFC-Que Choisir publie cette analyse après une enquête menée en janvier dans huit magasins de la grande distribution. Elle y a comparé une trentaine de produits du quotidien. Des marques nationales et des marques de distributeur, proposées aux rayons épicerie, laitages, viandes, poissons, boissons, hygiène et beauté. «Ce n’est probablement pas que le transport, décrypte Françoise Kerjouan, vice-présidente de l’UFC Nouvelle-Calédonie. C’est sans doute les négociations avec les centrales d’achat, et les marges des distributeurs localement.»
 
Selon le supermarché, l'écart avec la Métropole varie de 106 à 171%. © NC la 1ère / Infographie
© NC la 1ère / Infographie Selon le supermarché, l'écart avec la Métropole varie de 106 à 171%.
 

Lait, fruits, légumes

Certes, une partie seulement des 82 produits ciblés étaient commercialisés dans nos magasins : entre dix-neuf et 32. D’autre part, le panier-type national ne colle pas tout à fait aux habitudes des consommateurs calédoniens. Et puis l’écart s’avère moins grand que durant la précédente enquête de ce type, en 2016 (lire en encadré). Mais il a augmenté d’un tiers depuis 2010. Et c’est sur les produits laitiers, ou le rayon fruits et légumes, qu’il est le plus important. Se nourrir devient un luxe, en Calédonie, qui plus est se nourrir correctement. 
 
© NC la 1ère / Infographie
© NC la 1ère / Infographie
 

Hausse des dépenses incompressibles

En 2015 déjà, ces écarts de prix étaient pointés dans une enquête menée par le Cerom - les Comptes économiques rapides de l’Outre-mer, qui regroupe l’Isee, l’Agence française de développement et l’IEOM: + 53%. La situation n’a pas beaucoup évolué dans le sens où la moitié de l’argent dépensé par les Calédoniens va à des dépenses incompressibles. C'est-à-dire celles qu’on ne peut pas réduire: les transports, l’alimentaire, le logement. 
 

Inquiétude autour de la TGC

«La TGC va bientôt passer à taux pleins, rappelle Françoise Kerjouan. Nous sommes inquiets sur un risque d'augmentation des prix. Pas seulement sur l'alimentaire, mais sur tous les autres postes de dépense des Calédoniens.» L’UFC-Que Choisir compte sur l’Autorité de la concurrence pour décortiquer la composition des prix. Afin de savoir si l’éloignement et la taille du marché calédonien justifient réellement ces écarts.

Le reportage radio de Malia Noukouan. 

Le reportage télé de Bernard Lassauce et Michel Bouilliez. 
UFC QUE CHOISIR SUPERMARCHES

 
Au fil des enquêtes

Après un creusement entre 2010 et 2014, une stabilisation en 2015 puis un creusement en 2016, l’écart avec le panier moyen en Métropole revient au niveau observé en 2014 et 2015:

- novembre 2010, + 81 % sur les marques distributeurs (MDD) et + 96 % sur les marques nationales;
- septembre 2011, + 104 % (marques nationales);
- septembre 2012, + 117 % (MDD et marques nationales);
- septembre 2014, + 126 % (MDD et marques nationales);
- mars 2015, + 125 % (MDD et marques nationales);
- janvier 2016, + 136 % (MDD et marques nationales);
- janvier 2018, + 124 % (MDD et marques nationales).

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