Homoparentalité : des familles calédoniennes comme les autres

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©guillaumepaumier.com, CC-BY.

A l’occasion de la Journée mondiale contre l’homophobie, rencontre avec des familles homoparentales. En Nouvelle-Calédonie comme ailleurs, de nombreux couples homosexuels deviennent parents par adoption, gestation pour autrui ou fécondation in vitro.
 

Emma* a onze ans. Elle a deux mamans, qui se sont mariées quand elle avait cinq ans. Une situation qu’elle vit bien, mais qui se complique lorsqu’il s’agit d’en parler à ses camarades : "Au début, je leur demandais si ça les dérangeait que deux personnes du même sexe soient ensemble. Ceux qui m’ont dit 'oui', ben, je ne leur ai pas dit, du coup. Et ceux qui m’ont répondu 'non', ben je leur ai dit… sauf que certains, ça les dérangeait quand même."


Désormais, Emma préfère donc rester prudente : "Il y a juste ceux de l’année dernière qui savent, mes nouveaux amis, je ne leur ai pas encore dit. Parce que j’attends de savoir si ils sont capables de comprendre. Et s’ls sont capables de m’accepter même si j’ai des mamans qui sont ensemble."

J’attends de savoir si ils sont capables de comprendre. Et s’ils sont capables de m’accepter même si j’ai des mamans qui sont ensemble.

Emma, onze ans

 

Des parents vigilants

Cette question de l’acceptation de leur enfant préoccupe les parents. "J’étais soucieux que notre fils ne soit pas discriminé ni rejeté du fait de la composition de sa famille", raconte Laurent, papa d’un garçon de douze ans. Heureusement, souligne-t-il, "les enseignants et les écoles sont au point sur ce sujet-là", tout en restant vigilant : "Dans la cour d’école, les jeunes sont parfois capables d’imiter les adultes tant sur le bien que sur le mal et de se rejeter un peu entre eux du fait d’une différence ou d’une singularité."

Xavier a, lui, eu un petit garçon grâce une mère porteuse il y a cinq ans. Il raconte son histoire et son désir d’enfant très librement. Pour lui, il est même essentiel d’en parler : "J’ai tout de suite assumé la façon dont j’ai fait mon enfant. Je n’ai jamais voulu le cacher, ni à mon enfant, ni aux amis, ni aux gens que je rencontre. Et au final, je n’ai eu que des retours positifs. On ne m’a jamais stigmatisé pour ce que j’étais ou ce que j’ai fait."

Témoignage Xavier


Une philosophie partagée par la jeune Emma : "Il faut s’accepter même si vous avez des parents homosexuels. Faut bien le vivre, parce que ça devrait être normal." 


En Nouvelle-Calédonie, l’association Diversités accompagne les personnes homosexuelles qui souhaitent avoir un enfant. Elle propose de la documentation, avec des informations pratiques et des contacts.


Mercredi, une journée de sensibilisation est organisé par le conseil des jeunes de Dumbéa, de 13 heures à 17 heures, à la maison de la jeunesse. Les ateliers sont ouverts aux jeunes à partir de 12 ans.
 

*Emma est un prénom d'emprunt.

Le reportage de Stéphanie Chenais et Coralie Cochin :

Familles homoparentales