Le LME de Londres, marché sensible du nickel calédonien, rouvre son fameux "ring"

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Le London Metal Exchange (LME) dans la City de Londres ©Alain Jeannin
L'anneau de canapés rouges, le célèbre "ring", où siègent les courtiers en métaux industriels du London Metal Exchange (LME), a repris du service en début de semaine après une fermeture liée à la pandémie. C'est ici, à Londres, que les cours du nickel produit en Nouvelle-Calédonie sont établis.

"Bon retour aux équipes du ring du LME!", a twitté l'institution de la City de Londres, confirmant la réouverture des échanges à la criée après 18 mois de fermeture et après avoir envisagé très sérieusement de ne pas rouvrir.

Arrêté en raison de la pandémie, le "ring" aurait cependant pu disparaître pour être remplacé par des échanges électroniques qui l’ont remplacé pendant cette longue période.

La vénérable place des métaux de Londres, vieille de près de 150 ans, est la dernière en Europe à encore proposer ces échanges de visu. Des échanges à la criée, entre traders, et plus discrètement le suivi pointilleux de la production minière et métallurgique mondiale.

Trader du Nickel London Metal Exchange
Un trader ou courtier pendant la séance de cotation du nickel à la Bourse des métaux de Londres (LME) ©Alain Jeannin

L’un des étages du grand immeuble de verre, le plus confidentiel, est consacré à l’analyse quotidienne, au suivi de la production des différents pays, dont la Nouvelle-Calédonie.

Le LME pourrait même disposer prochainement d’images satellites haute résolution utilisant l’infra-rouge et permettant de détecter la chaleur et donc le fonctionnement des fours. Et par là même de savoir si les usines produisent…

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La Bourse des métaux de Londres (London Metal Exchange-LME) après clôture de la Bourse ©Alain Jeannin

En janvier, le LME avait publiquement envisagé la fermeture définitive du "ring", lançant dans le même temps une consultation auprès de ses clients investisseurs et industriels.

Mais les vives réactions provoquées par cette annonce - le LME a en effet reçu 192 réponses, presque tous favorables au maintien du "ring" un record selon elle - l'ont poussé à revoir ses plans.

"L'intérêt du marché n'est pas seulement ce que le LME pense, il doit par essence refléter les convictions de ses participants et des producteurs", a expliqué le directeur général du LME Matthew Chamberlain à l'occasion d'une conférence par visioconférence qui s'est révélée être un véritable exercice public d'équilibriste selon l'AFP.

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Matthew Chamberlain, Directeur général (CEO) du LME ©Alain Jeannin

Le dirigeant avait en effet porté avec force et conviction l'évolution vers des échanges 100% électroniques en début d'année, tout en rappelant son attachement à une évolution résolument transparente du LME : "la Bourse des métaux de Londres a besoin du nickel éthique produit notamment en Nouvelle-Calédonie et en Australie".

Il est vrai que la croissance fulgurante du marché des batteries des véhicules électriques et la hausse des prix de l’acier inoxydable favorisent les trois usines du Territoire, à condition qu’elles produisent suffisamment. Et le marché s’approche de la pénurie.

"Dans ce contexte, le LME attend avec une impatience non dissimulée la relance de la production de nickel de l’usine du Nord, car ici à Londres elle représente un potentiel élevé et un nom connu, celui du géant Glencore" a déclaré à Outre-mer 1ère un analyste de Fastmarkets (Metal Bulletin).

De son côté, Jim Lennon, le "gourou" du nickel à Londres, fin connaisseur de la Nouvelle-Calédonie et conseiller de la banque australienne Macquarie, a déclaré : "concernant la marge de progression de la production des trois usines calédoniennes, je l’estime entre 40 et 50.000 tonnes supplémentaires de métal de nickel."

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Métallurgiste du ferronickel en Nouvelle-Calédonie ©Nicolas Alain Petit Biosphore/AFP

En attendant, le LME, filiale depuis 2012 du propriétaire de la Bourse de Hong Kong, le Hong Kong Exchanges and Compensation (HKEX), qui propose de multiples contrats à terme sur les métaux non-ferreux (cuivre, nickel, aluminium, plomb, zinc, et étain) et bientôt cobalt, a donc opté sous la pression pour la continuité, le maintien d'échanges physiques, et une certaine transparence.

Le LME et la Nouvelle-Calédonie : Rencontre avec Matthew Chamberlain en février 2020

©la1ere

LME-Nickel le 07/09/2021 après clôture de la cotation : 19.542 dollars/tonne -0,41%