REPLAY. Revivez l'élection de Louis Mapou à la tête du 17e gouvernement de Nouvelle-Calédonie

Les membres du gouvernement étaient convoqués ce jeudi par le haut-commissaire pour élire un président. La cinquième tentative depuis le 17 février a été la bonne : l'indépendantiste Louis Mapou a obtenu les six voix nécessaires, des groupes UC et UNI.

LES DERNIÈRES INFOS - Mis à jour le 08/07/2021 à 18:41

  • La bataille du Congrès est lancée

    Ce jeudi 8 juillet a été marqué par l’élection de Louis Mapou, candidat indépendantiste à la présidence du 17e gouvernement. Mais la vie politique calédonienne va encore être agitée dans les semaines qui arrivent. Prochaine étape : le renouvellement du bureau du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Une élection qui doit se dérouler à la fin juillet. La date officielle devrait être confirmée par le Congrès la semaine prochaine. À la suite de l’élection de Louis Mapou, Isabelle Champmoreau, de l’Avenir en Confiance, a déclaré : 

    "Les Loyalistes sont désormais tournés vers l’élection du Congrès et la préparation du vote du 12 décembre afin de montrer une nouvelle fois que la majorité des Calédoniens souhaitent poursuivre notre chemin commun dans la paix et dans la France."

    Quelques heures plus tard, la secrétaire générale du rassemblement Les Républicains et chef de groupe de l'AEC, Virginie Ruffenach, a annoncé sa candidature à la présidence du Congrès.

    Le mouvement Calédonie ensemble s'est exprimé sur ce rebondissement : 

    "Au moment même où, pour la première fois depuis quarante ans, un président indépendantiste vient d’être élu à la tête du gouvernement, Virginie Ruffenach tente de forcer une porte dont elle n’a pas les clés", a estimé dans un communiqué diffusé sur Facebook le parti dont le groupe au Congrès compte 6 conseillers.

    Parmi les autres candidats potentiels, on retrouve Roch Wamytan, l’actuel président du Congrès. Dimanche 4 juillet, il avait confirmé sur le plateau de NC la 1ère qu’il était candidat à sa succession.

     

  • A quand la prise de fonction de ce gouvernement ?

    Le 17e gouvernement avait ses élus depuis le 17 février. Il a son président depuis ce matin. Mais il n’est toujours pas officiellement en fonction. Pour être de plein exercice, deux conditions s’imposent : élire un vice-président, et attribuer les secteurs.

    Faute de candidat ce matin, le vice-président n’a pas pu être élu. Concrètement, c’est donc le président Louis Mapou qui est responsable de tous les secteurs. Il peut légalement exercer toutes les compétences, en attendant que les portefeuilles soient répartis entre les onze membres élus. Reste à savoir qui héritera des charges prioritaires comme la santé et les comptes sociaux. Des secteurs généralement ventilés par consensus, dans ce gouvernement collégial…

    Que va-t-il se passer maintenant ? Comme le prévoit la loi organique, un délai de sept jours est octroyé pour élire un vice-président. Jeudi 15 juillet, le 17e gouvernement doit se retrouver autour de la table. Deux options possibles d’ici là : soit les élus se mettent d’accord d’ici là sur une candidature. Soit, passé ce délai de sept jours, la Nouvelle Calédonie disposera d’un gouvernement de plein exercice mais sans vice-président. 

    La situation n’est pas inédite, souvenez-vous : en 2019, les indépendantistes n’ont pas su départager Gilbert Tyuienon de l’Union calédonienne et Jean-Pierre Djaïwe de l’UNI. Il aura fallu attendre une semaine pour que le 16e gouvernement soit en marche.

  • Il a été élu président du gouvernement le 28 juin 2019 et sa mandature n’aura pas été un long fleuve tranquille. Alors que Louis Mapou va lui succéder à la tête de l'exécutif calédonie, le bilan de Thierry Santa restera marqué par la crise sanitaire.

    Gouvernement : la présidence Santa marquée par la crise de la Covid-19

    Après plus de deux ans à la tête du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, Thierry Santa laisse son fauteuil de président à Louis Mapou. Bilan d'une mandature profondément marquée par la crise sanitaire.

    Lire la suite
  • Candidature de Virginie Ruffenach au Congrès : Calédonie ensemble proteste

    Virginie Ruffenach s'était à peine exprimée sur sa candidatur epour le perchoir du Congrès, que Calédonie ensemble lui répondait vertement, par communiqué diffusé sur la page Facebook du mouvement. Le parti, dont le groupe au Congrès compte six conseillers, estime qu’"au moment même où, pour la première fois depuis quarante ans, un président indépendantiste vient d’être élu à la tête du gouvernement, Virginie Ruffenach tente de forcer une porte dont elle n’a pas les clés"

    Et d’ajouter : "par sa déclaration unilatérale de candidature, au mépris des autres formations politiques, Virginie Ruffenach a pris la responsabilité d’ouvrir la voie à la réélection de Roch Wamytan. Ainsi, (…) les deux institutions du pays risquent d’être présidées par les indépendantistes. Un déséquilibre dont le pays pourrait payer le prix le 12 décembre prochain."

    Pour rappel, Roch Wamytan, actuel président du Congrès, a fait savoir qu’il était candidat à sa succession. Et l’Eveil océanien, susceptible de faire pencher la balance vers un camp ou l’autre, considère la possibilité de voter pour un(e) loyaliste… si les non-indépendantistes font candidat commun. 

  • Virginie Ruffenach candidate à la présidence du Congrès

    Une autre élection à une autre présidence importante est attendue ce mois-ci. Fin juillet, le bureau du Congrès sera renouvelé. Et Virginie Ruffenach a évoqué ce jeudi sa candidature au perchoir du boulevard Vauban. La secrétaire général du Rassemblement, à la tête du groupe Avenir en confiance fort de dix-huit élus, s'est exprimée chez nos confrères de RRB - avant de confirmer sa démarche à NC la 1ere. 

    "Les indépendantistes ne peuvent pas exiger tous les pouvoirs en Nouvelle-Calédonie, et considérer ça comme normal", a-t-elle formulé. "Aujourd'hui, il faut pour nous une unité des non-indépendantistes au Congrès." En assurant qu'"il y a un consensus en interne [au sein du groupe AEC] pour que la candidature à la présidence du Congrès revienne au parti le Rassemblement."

  • "New Caledonia elects pro-independence president"

    Les auditeurs de Radio Australia qui s'intéressent à l'actualité de la région Pacifique sont eux aussi au courant... Car l'élection de Louis Mapou comme président (indépendantiste) du 17e gouvernement collégial calédonien est également relayée chez nos voisins.

  • Samuel Hnepeune compte bien démissionner du gouvernement

    Durant les quatre tentatives précédentes, il était l'autre candidat indépendantiste à cette présidence du gouvernement. Ce matin, Samuel Hnepeune l'a confirmé : le nouveau membre de l'exécutif, élu sur la liste UC-FLNKS et Nationalistes avec Eveil océanien, ne restera pas dans ce 17e gouvernement. 

    "Maintenant que le nouveau gouvernement va être régularisé, je vais devoir régulariser ma situation dans la mesure où je suis toujours PDG d’Air Calédonie", a-t-il développé devant la presse. "J’ai deux options. Soit je reste au gouvernement et je dois convoquer un conseil d’administration d’Air Calédonie pour pouvoir démissionner de mes fonctions. A l’inverse, si je dois rester à Air Calédonie, je dois démissionner du gouvernement."

    Et c’est l’option démission du gouvernement qu’a choisie Samuel Hnepeune. A quel moment ? "Peu importe quand. A partir du moment où je démissionne , le suivant de liste monte." En l’occurrence, Vaimu’a Muliava, ce qui assurera le retour dans l’exécutif de l’Eveil océanien.
     

  • Sur Facebook, le FLNKS salue "une date historique" et se rappelle du 8 juillet… 1983

    "Une date historique", souligne la page Facebook FLNKS-Officiel, ce jeudi matin, pour ponctuer l'élection de Louis Mapou. En revenant à un autre 8 juillet : celui de 1983, qui a vu l'ouverture de la table-ronde de Nainville-les-Roches entre le Front indépendantiste, le RPCR et le secrétaire d'Etat Georges Lemoine. 

  • Qui fait partie du 17e gouvernement ?

    Après presque cinq mois, on en oublierait presque la composition du gouvernement élu le 17 février dernier… Alors, pour rappel, ses onze membres sont : 
        •    Samuel Hnepeune, Gilbert Tyuienon et Mickaël Forrest (groupe UC-FLNKS et nationalistes et Eveil océanien).
        •    Louis Mapou, Yannick Slamet, Adolphe Digoué (UNI).
        •    Thierry Santa, Christopher Gygès, Isabelle Champmoreau et Yoann Lecourieux (Avenir en confiance).
        •    Joseph Manauté (Calédonie ensemble).

  • Le communiqué officiel du gouvernement

    Après chaque convaocation pour élire le président du nouvel exécutif, le gouvernement diffuse son communiqué officiel.

    "Louis Mapou a été élu ce jour président du 17e gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Convoqués par le haut-commissaire, les onze membres du gouvernement se sont retrouvés ce jeudi 8 juillet à 8h30 en salle des délibérations pour procéder au vote. Deux candidats étaient en lice, Louis Mapou et Thierry Santa. Six voix ont été données à Louis Mapou et quatre à Thierry Santa. Un bulletin blanc a été émis."

    En précisant : "Faute de candidat, le vice-président n’a pas pu être élu. Si dans un délai de sept jours, le vice- président n’a toujours pas été élu, les membres du 17e gouvernement pourront tout de même entrer en fonction."

  • Sébastien Lecornu " se félicite de l’entrée en fonctions prochaine du 17e gouvernement calédonien"

    Suivie de près par l'Etat, la sortie de l'impasse institutionnelle dans laquelle se trouvait l'exécutif calédonien. A peine le président élu, un communiqué signé Sébastien Lecornu était diffusé. Le ministre des Outre-mer "se félicite de l’accord intervenu, ce jeudi 8 juillet à Nouméa, entre les membres du gouvernement élu 17 février dernier pour désigner leur président. Au terme de presque cinq mois d’attente, cette désignation permettra au 17e gouvernement d’entrer en fonctions d’ici une semaine au plus tard."
     
    Sébastien Lecornu "adresse ses félicitations républicaines à M. Mapou",  qu'il explique avoir invité à "le rencontrer prochainement à Paris ou à échanger en visioconférence pour évoquer les différents sujets sur lesquels l’État et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie seront amenés à collaborer en étroite liaison, parmi lesquels"
    • La crise sanitaire
    • La question de la continuité territoriale avec Wallis-et-Futuna et le rétablissement de la “bulle sanitaire"
    • Les conséquences économiques de la crise sanitaire.
    • La situation budgétaire des collectivités territoriales
    • Les relations internationales.
     
    Le ministre "tient également à saluer le sens des responsabilités des membres du 16e gouvernement qui ont continué à expédier, jusqu’à ce jour, les affaires courantes." 
     

  • "Cette élection démontre que l’UC sait prendre ses responsabilités", réagit l'Union calédonienne

    Si Louis Mapou a pu être désigné ce matin, c'est grâce aux six voix aditionnées de l'UNI et de l'UC. Pour l'Union calédonienne, "cette élection démontre à nouveau que l’UC sait prendre ses responsabilités dès lors qu’il s’agit de sortir le pays de ses difficultés."

    Comme pour l’élection du président du 14e gouvernement en 2015, développe le communiqué du mouvement, "l’UC s’est engagée pour débloquer la situation afin que le 17ee gouvernement entre en fonction. Le pays a besoin d’un exécutif de plein exercice pour traiter les problèmes des Calédoniens et pour que la campagne pour la troisième consultation se déroule dans les meilleures conditions."

    "L’Union calédonienne aborde ce nouveau gouvernement avec lucidité, volontarisme et respect", poursuit le document. "Lucidité car nous n’occultons pas que la Nouvelle-Calédonie traverse d’importantes difficultés économiques, financières et sociales. Nous remettrons le pays sur pied pour lui donner des perspectives ambitieuses. Volontarisme, car il faut changer le pays en l’engageant sur la voie de la solidarité, de la prospérité et de la cohésion. Respect, car la Nouvelle-Calédonie abrite un peuple aux origines multiples, dont chaque membre doit trouver pleinement sa place dans notre société."
     

  • ...et leur présence à l'extérieur

    Sous les fenêtres du gouvernement, aussi, les indépendantistes ont marqué le coup, à renfort de drapeaux Kanaky et de musique.

    Election du président du 17e gouvernement calédonien, 8 juillet, ambiance en extérieur
    A l'extérieur du gouvernement, le 8 juillet en matinée. - NC la 1ere
  • Les indépendantistes expriment leur joie à l'intérieur...

    Madrinejë a retenti dans le bâtiment du gouvernement, ce matin. Le célèbre chant de joie en drehu a été entonné par l'UNI pour marquer l'événement. Louis Mapou était très ému. 

  • Que retenir des premiers mots de Louis Mapou ?

    "C’est un honneur et une lourde responsabilité."

    • Ses trois grandes priorités majeures : sortie de la crise Covid-19, gestion du Ruamm et mesures pour le personnel soignant, gestion du budget de la Nouvelle-Calédonie.

    • "Mon gouvernement sera un gouvernement de proximité."

    • "On peut innover, porter les choses différemment, et amener un nouveau regard sur les difficultés portées par la Nouvelle-Calédonie."

    "La Nouvelle-Calédonie est mature aujourd’hui."

    "La Nouvelle-Calédonie avait peut-être besoin que l’on arrive (l'UNI) à ce moment-là."

    "Il reste cinq mois pour trouver la solution. Une solution de dialogue, une solution dans la collégialité, puisque nous l’avons défendue. Je rajouterai qu’il y a beaucoup de difficultés. Il y a de fortes inégalités. Il faut bien poser les choses. Si ce gouvernement collégial à majorité indépendantiste pouvait être une lueur d’espoir pour les gens, on aura déjà gagné beaucoup."

    "Il faut de la persévérance voyez-vous, on ne lâche rien."

    "On veut que tout le monde se sente bien chez nous."
     

    Louis Mapou
    Louis Mapou a été élu président du 17e gouvernement de Nouvelle-Calédonie le 8 juillet 2021. - Ava Skoupsky / NC la 1ère
  • Louis Mapou : "Nous arrivons au moment le plus difficile de l’Histoire de la Nouvelle-Calédonie de ces trente dernières années"

  • "C'est un honneur, parce qu’on doit porter un héritage qui est lourd", réagit Louis Mapou

  • Afficher les messages précédents