Louis Mapou élu premier président indépendantiste du gouvernement calédonien depuis l'Accord de Nouméa

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Louis Mapou
Louis Mapou a été élu président du 17e gouvernement de Nouvelle-Calédonie le 8 juillet 2021. ©Ava Skoupsky / NC la 1ère
A 62 ans, ce fonctionnaire de carrière, engagé depuis ses années étudiantes en faveur de l'indépendance, accède à un poste clef à quelques mois du troisième référendum.

"C'est un honneur et une lourde responsabilité", a-t-il déclaré quelques minutes après son élection. Louis Mapou est devenu, jeudi 8 juillet, le premier indépendantiste président du gouvernement depuis l'accord de Nouméa. Il a été élu après des mois de tractations qui ont empêché la Nouvelle-Calédonie d'avoir un gouvernement de plein exercice.

L’engagement de cette figure politique âgée de 62 ans a débuté très tôt. Membre du bureau politique du Palika et du FLNKS, il n’a pas 30 ans quand il porte la parole de sa famille politique, lors du passage de la mission du dialogue en 1988 : "Le FLNKS affirme qu’aucun dialogue, aucune négociation ne pourront se faire tant qu’un Etat de guerre imposé par les forces armées demeure en Kanaky", lance-t-il alors aux missionnaires.

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A partir de 1999, il dirige l’Agence de développement rural et d'aménagement foncier et veut "redonner un coup de fouet à la redistribution des terres", avec toujours en filigrane l’idée que l’indépendance ça se conquiert. Le ton est persuasif.

On veut l’indépendance, hé bien, il faut se faire mal. C’est ça, simplement.

Louis Mapou

 

Le nickel, un terrain familier

Ses qualités de dirigeant en font un administrateur d’Eramet, puis un président de la Société territoriale calédonienne de participations industrielles (STCPI), quand celle-ci distribuait des dividendes aux trois provinces, qui en sont actionnaires. Il passe à la Sofinor puis à la SMSP (société minière du Sud Pacifique), quand sont signés les transferts des titres miniers qui marqueront le coup d’envoi du projet de l’usine du Nord. 

Avocat de l'unité

Côté politique, Louis Mapou prône l’ouverture et le respect des différences. Que ce soit en soutien de Charles Pidjot (Union calédonienne) aux législatives, aux provinciales ou dans sa commune de Païta, il aime à célébrer l’unité du FLNKS. Une unité qu’il défend quand il est, en 2017, tête de liste dans la 2e circonscription et met en ballotage le député sortant Philippe Gomès (Calédonie ensemble), rêvant d’un grand choc psychologique. "Il faut aller chercher les autres dans cette dernière ligne droite. Parce que c’est dans la tête que ça se passe. Le verrou qu’il faut faire sauter est d’ordre psychologique", lance-t-il alors en meeting.

D'important défis à relever

Au Congrès, le discours du président du groupe UNI-Palika, ne varie pas : construire ensemble, relever les défis sont toujours les maître-mots. Des paroles de sagesse dans un monde politique davantage axé sur l’expression des egos, notamment quand il s’agit d’aborder l’avenir institutionnel comme il le fait en 2016.

Il faut que chacun contribue. Il faut que les gens soient constructifs, positifs et que chacun prenne son courage à deux mains parce qu’il faut se dépasser.

Louis Mapou

 

Elu à la présidence du 17e gouvernement après 5 mois de divergences entre indépendantistes, autant dire que Louis Mapou, adepte du consensus, est attendu au tournant.

Un portrait signé Bernard Lassauce :