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La Papouasie-Nouvelle-Guinée ordonne la fermeture (provisoire) de l'usine Ramu Nickel

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NICKEL
Usine Ramu Nickel en Papouasie-Nouvelle-Guinée ©© KESSY SAWANG FACEBOOK
La Papouasie-Nouvelle-Guinée a tranché. L’usine de nickel de la Metallurgical Corporation of China (MCC) est fermée. Le temps de mener une enquête approfondie. L'industriel n'a pas pris de mesures de précaution suffisantes, a annoncé jeudi le responsable de la réglementation minière du pays.
 
La résonance de la pollution industrielle survenue en Papouasie-Nouvelle-Guinée prend de l'ampleur. Après les médias locaux et la presse australienne c'est au tour de l'agence Reuters et du Metal Bulletin de Londres de s'emparer de l'affaire survenue il y a près de trois mois. Jerry Garry, directeur général de l’Autorité des ressources minérales de Papouasie-Nouvelle-Guinée, a déclaré à l’agence Reuters que la société métallurgique et minière Ramu Nickel devait arrêter, pour une durée indéterminée, la production du centre industriel situé en bord de mer. Peter Yama, le gouverneur de Madang s'est félicité de la décision.

Boues rouges en mer de Bismarck
Cette décision de la Papouasie-Nouvelle-Guinée est la conséquence d'un déversement de boues toxiques, en août, ont rappelé des médias locaux. Un porte-parole de MCC a confirmé la décision, l'ordre d'arrêt, mais a également déclaré que sa société envisageait des recours juridiques. "Le gouvernement nous demande de suspendre la production et de procéder à des contrôles, nous allons certainement coopérer et respecter les lois locales. Mais nous allons sûrement aussi préserver nos droits". La presse locale a rapporté jeudi que la fermeture était effective et que l'usine resterait fermée, jusqu'à la fin de l'enquête sur la pollution qui avait touché la baie de Basamuk.

Ramu Nickel est fermé
Le ministre des Mines, Johnson Tuke, a confirmé que l'usine était désormais à l’arrêt, "Ramu Nickel a enfreint les lois sur la sécurité environnementale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG)." Alors que la baie de Basamuk a été de nouveau déclarée sûre pour la baignade et les loisirs, il a été demandé à la population de ne pas manger de poisson pendant quatre à six semaines, l'agence de l'environnement n'ayant pas établi si des métaux lourds avaient contaminé la chaîne alimentaire.

Un expert parle
Alex Mojon, expert indépendant en protection de l'environnement, sollicité par le gouverneur régional de Madang, Peter Yama, a déclaré à Reuters qu'il avait prélevé des échantillons dans la baie de Basamuk au mois de septembre. Selon lui, "ils révélaient une contamination par des métaux lourds dans les zones entourant la mine et l'usine situées sur la côte nord-est du pays." D’autres prélèvements, réalisés par un laboratoire australien, aboutissaient à des conclusions moins alarmistes. Des résultats supplémentaires, effectués après la pollution industrielle, doivent être publiés la semaine prochaine.

Moins de nickel disponible
Ramu a produit 16.429 tonnes d'hydroxyde de nickel et 1 497 tonnes de cobalt au premier semestre de 2019, selon MCC. L’hydroxyde de nickel produit en Papouasie-Nouvelle-Guinée est utilisé dans la fabrication de produits chimiques pour l’industrie chinoise des batteries de véhicules électriques.

Le LME réagit, le nickel dans le vert...
Une usine ferme, le risque de pénurie augmente, le cours du nickel remonte. 
12H50 GMT au LME de Londres : la tonne de nickel est en progression. Elle affiche 16.940 dollars, en hausse de 2 %. Soit 7,67 dollars la livre.
 
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