La filière bêche de mer fait son nid à Touho

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Holothurie (bêche de mer) scabra, grise, à Touho.
Holothurie scabra, grise, à Touho. ©NC la 1ere
Touho abrite une nouvelle filière aquacole en développement, celle de l'holothurie. Une pêcheuse professionnelle a installé des parcs destinés à élever de jeunes bêches de mer. L'idée : assurer leur reproduction et leur protection, avant de les réimplanter et d'en permettre l'exploitation.

L’élevage d’holothuries ? Une découverte pour Marie-Renée Pabouty, pêcheuse professionnelle de Touho. 

Au départ, je suis pêcheuse lagonaire. J’ai toujours fait le poisson, les coquillages, les poulpes. Mais je suis partie sur le fait de faire un élevage, sur l'aquaculture et toujours dans le sens d'innover.

Marie-Renée Pabouty, pêcheuse de Touho 


Espèce en voie de disparition

Un an de mise en œuvre du projet, des efforts, et une détermination enfin récompensée : ce matin-là, voit la mise en place d'un second parc d'élevage, de mille mètres carrés, sur le site retenu à Touho. Il accueillera dans quelques semaines près de deux mille holothuries scabra. Une espèce en voie de disparition en Nouvelle-Calédonie. 

"L'holothurie a été beaucoup pêchée en Calédonie, en même temps que le trocas", fait remarquer Marie-Renée Pabouty. "L'espèce que l'on a introduite ici, la scabra, l'holothurie de sable, grise, on a fait des plongées avec l'Adecal et la province et on n'en a pas trouvée. C'est juste la noire qu'on voit toujours d'habitude. Je suis partie dans le sens de réintroduire, d'élever ici, et si elle veut s'étendre sur la côte..."

Rôle écologique et économique

L'invertébré s'avère un formidable outil de purification et d'oxygénation du lagon. Le parc aura un rôle écologique. Un rôle économique, également. L'entrepreneuse espère exporter cette marchandise dont raffole particulièrement le marché asiatique.

Un produit à très haute valeur finale, autour de 2 000 dollars le kilo le produit séché [vendu] en Chine continentale. Mais un produit à l'exportation qui va être autour de 15 000 - 20 000 F CFP le kilo quand c'est en catégorie A. Si tout se passe bien, ça peut générer un revenu au niveau des tribus et au niveau local.

Paul Chabre, chargé de développement aquacole en province Nord


Un peu de patience...

Cette installation fait la fierté de Marie-Renée Pabouty. Elle a d'ailleurs recueilli les faveurs de la commune et de la tribu de Koé d'où elle est originaire. Dans quelque mois, ces bêches de mer seront à maturité. Elles se reproduiront. Leurs œufs devraient repeupler le littoral de la côte Est jusqu'à Hienghène, grâce au courant. Les adultes seront commercialisables un an plus tard… Le début d'une autre aventure, pour la pêcheuse professionnelle et sa reconversion dans le commerce international.

Un reportage de Brice Bachon et Nathan Poaouteta :