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Un vent d’optimisme souffle sur le nickel et alimente une vague qui porte les prix

Le marché du nickel livre des pistes. Elles incitent à l'optimisme pour les cours du métal. À Hongkong comme à Shanghai, on parie sur la remontée des prix avec une demande soutenue notamment dans le secteur des batteries électriques. 

Véhicules électriques avec batteries lithium-ion nickel cobalt manganèse sur un parking en Chine © AFP
© AFP Véhicules électriques avec batteries lithium-ion nickel cobalt manganèse sur un parking en Chine
  • Par Alain Jeannin
  • Publié le
Quels sont les facteurs haussiers convaincants qui donneront un nouvel élan aux prix des matières premières en 2018 ? Ils comprennent la faiblesse du dollar américain, une conjoncture économique mondiale favorable, l'émergence de pressions inflationnistes et une bonne dynamique du marché mondial. Il est intéressant de constater que les aspects fondamentaux et techniques des métaux soutiennent davantage les prix.

Quels sont les récents développements sur le marché du nickel ? Les prix viennent d'atteindre leur plus haut niveau en deux ans. A la Bourse des métaux de Londres (LME) le nickel a franchi, pendant seulement quelques heures il est vrai, le seuil des 17.000 dollars la tonne, ce qui est son plus haut niveau depuis mai 2015 - soit un gain de plus de 55 % en un peu plus de six mois. Le métal s’est depuis stabilisé sur le seuil des 14.000 dollars.

Le marché du nickel est alimenté par une combinaison d'importations chinoises de ferronickel (alliage produit notamment en Nouvelle-Calédonie) en plein essor, de resserrement des approvisionnements et d'intérêt croissant des investisseurs financiers. L’agence économique Wood Mackenzie a estimé que le marché du nickel accuserait un déficit de 80 000 à 90 000 tonnes en 2018. Pour autant, la violence de la crise de 2015 a laissé des marques profondes sur les producteurs avec un endettement particulièrement important. Il faudra plusieurs années, avec des cours élevés et la réussite des plans de compétitivité et de réduction des coûts, avant de pouvoir dire que la crise est finie. Mais la situation est bien meilleure...

Signaux positifs

Du côté de la demande ? La Chine est le facteur clé du fait des mesures de limitation des productions sidérurgiques les plus polluantes, celles des usines produisant du nickel à bas prix.
Au total, la Chine représente environ la moitié de la consommation mondiale actuelle, estimée à environ 2,1 millions de tonnes de nickel cette année. Elle devrait accélérer ses importations en provenance des Philippines, de l’Indonésie et de la Nouvelle-Calédonie. Ce processus est déjà en cours, les importations chinoises de nickel atteignant 41.315 tonnes en décembre, soit plus du double de ce qu'elles étaient l'année précédente.

Et qu'en est-il du côté de l'offre ? Illustration avec la compagnie minière canadienne First Quantum Minerals de Vancouver qui a indiqué que sa production totale de nickel avait chuté de 24 % en 2017, en raison de la fermeture de sa mine de Ravensthorpe, en Australie Occidentale. Moins de nickel sur le marché, risque de pénurie ? Les fonds d’investissement sont de retour. Selon les données fournies par l’agence Reuters, les positions nettes et positives des investisseurs et des négociants sont les plus élevées depuis 12 mois.

Les batteries électriques

La motivation provient principalement de la demande croissante de nickel en tant que composant des batteries pour véhicules électriques. Le négociant industriel Wood Mackenzie prévoit une consommation de nickel pour ce marché qui passerait de 80 000 tonnes cette année à 220 000 tonnes en 2025. Encore plus optimiste, UBS Group a récemment prédit que les batteries représenteront entre 500 000 et 600 000 tonnes de nickel par an d'ici 2025. « Quand le marché est fondamentalement positif, il est comme une vague forte qui entraine tout sur son passage. Pour le  nickel, la perception fondamentale est bonne à cause des véhicules électriques. Cela tire l’ensemble du complexe à la hausse » analyse Jean-François Lambert, consultant et ancien banquier du financement des matières premières.

C'est nickel...

Les récentes études suggèrent une diminution de la proportion de cobalt dans les batteries lithium-ion. Les batteries de ce type offrant le meilleur rapport devraient utiliser un ratio de 60 % de nickel pour 20 % de cobalt et 20 % de manganèse. De nombreux groupes, dont SK Innovation en Corée du Sud, visent à modifier la composition de ces batteries pour aller vers 80 % de nickel, 10 % de cobalt et 10 % de Manganèse. « On pense que Tesla travaille avec Panasonic pour développer une batterie avec environ 85 % de nickel » indique le site The Assay de Hong-Kong.

Lundi soir à Londres, le nickel évoluait dans une fourchette de prix comprise entre 14.035 - 14.512 dollars (14.465 dollars la tonne - 6,56 dollars par livre) en hausse de 3 % à 18H GMT. Les stocks de nickel au LME enregistrent une baisse de 1038 tonnes à 311.604 tonnes.

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