Obligation alimentaire : le collectif Handicaps s'inquiète des conséquences sur les familles

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Collectif Handicaps
Le collectif Handicaps s'inquiète pour les familles. ©Natacha Lassauce-Cognard

Le collectif Handicaps, qui regroupe 35 associations locales, tire la sonnette d’alarme. Depuis deux ans, l'obligation alimentaire est appliquée en Nouvelle-Calédonie. Une réalité qui met en péril l'équilibre des foyers qui ont un ou plusieurs enfants majeurs en situation de handicap.

En province Sud, des jeunes majeurs en situation de handicap, toujours à la charge de leurs parents, ont perdu leur droit à l’aide médicale. 
La raison avancée : les revenus de leur famille sont trop élevés. Ils doivent donc effectuer une cotisation volontaire à la Cafat ou au RUAMM.

"On s’inquiète beaucoup de l’avenir de nos enfants après notre mort et là, c’est pire encore"

"En fait les parents découvrent ça lorsqu’ils viennent demander le renouvellement de la carte pour leur enfant et qu’on leur dit non, dans trois mois, vous n’aurez plus droit à l’aide médicale parce que vos revenus dépassent le plafond fixé, qui est un plafond assez bas, sans étude des charges, sans étude de la situation sociale des gens, sans prise en compte de l’âge des familles" explique Catherine Poëdi, mère d’un enfant en situation de handicap. "Et ça peut-être encore le plus grave parce que ça peut toucher des gens très âgés dont les enfants handicaps sont eux-mêmes âgés. On s’inquiète beaucoup de l’avenir de nos enfants après notre mort et là, c’est pire encore". 

Les personnes les plus vulnérables touchées

Les mesures décrites par Catherine Poëdi, sont une application de l’obligation alimentaire fixée par le Code civil et la délibération-cadre du Congrès datant de 1989.
Depuis deux ans, ces textes sont appliqués en province Sud. Le collectif Handicaps tire aujourd’hui la sonnette d’alarme. 
"Une personne qui est en situation de handicap qui touche 50 000 francs CFP par mois, si les parents refusent de financer, comment il va faire pour financer sa couverture sociale ?" s’interroge Morgane Rivoal, secrétaire générale du collectif Handicaps. "Aujourd’hui, le texte il existe et il s’applique, ça c’est une chose. Maintenant, il faut voir effectivement dans la réalité ce que ça impacte et comment ça impacte la personne puisqu’on reste sur des personnes vulnérables. Et malheureusement, on applique une règlementation sur les personnes les plus vulnérables". 

La position de la province Sud

Contactée pour ce reportage, la province Sud n’a pas souhaité accorder d’interview à NCla1ère. 
Par courriel, l’institution nous rappelle notamment "la définition de l’obligation alimentaire comme une obligation mise à la charge d’une personne de fournir des secours (y compris matériels) à un ascendant ou descendant en ligne directe se trouvant dans le besoin".  
"La création d’une couverture sociale unique pour le pays est actée et prévue pour début 2022, afin de simplifier les démarches pour les administrés". 
Le collectif Handicaps lui, reste mobilisé, et souhaite rencontrer les élus.

Le reportage de Natacha Lassauce-Cognard et Laura Schintu