Municipales : les enjeux à Poya

élections poya
mairie de poya
©Camille Mosnier
Bordée par des massifs miniers, Poya s’est développée grâce à l’exploitation minière. Si les habitants parlent de désenclaver les tribus de Népoui, en bord de mer, les habitants demandent du renouveau.
Poya est la seule commune de la Nouvelle-Calédonie à être à cheval sur deux provinces, celle du Nord et celle du Sud. Elle est située au centre du pays sur la côte ouest, elle fait partie de l’air coutumière paici-Cemuhy et Ajië-Aro. Ici on parle trois langues kanak différentes. Poya compte six tribus sur un seul district : Muéo. Côté population ce sont 3384 habitants. Quant aux activités économiques sur la commune on retiendra le nickel, l’agriculture et l’élevage.
 
Poya est très étendue, et les enjeux sont aussi différents suivant le lieu d’habitation : Basse Poya, Poya Sud ou dans la chaîne centrale. Situé à 28 km du village nous sommes allés du coté de Gohapin interroger les habitants sur leurs attentes.
 

Créer des routes

poya création routes
©Claude Lindor

À la tribu de Gohapin, traverser la rivière n’est pas toujours facile. Vincent est chauffeur d’un minibus scolaire et il le sait bien. Il souhaiterait un pont et que les routes soient goudronnées car de l’autre côté de cette rivière se trouve une cinquantaine d’habitations. Pour accéder au fond de la tribu, il y a encore des obstacles à franchir.
" Quand l'eau monte, je place mon car de l'autre côté de la rivière et je traverse à pied dans l'eau le matin pour aller au travail " raconte Vincent Meandu Gorode, chef du clan Meandu Gorode et président du conseil des chefs de clan.
A noter que le pont était prévu et les financements obtenus mais une partie des riverains auraient bloqué les travaux pour des raisons historiques internes à certaines familles de la région. 
Avec ses 700 habitants, Gohapin est l’une des plus grosse tribus du pays. Vincent voudrait avoir les moyens de la développer. " On voulait agrandir la réserve pour les jeunes, car on n'a plus de places mais pour faire cela, il faut l'accès " explique-t-il.
 

Renouveler les infrastructures

infrastructures poya
©Claude Lindor

À Népoui, sur la presqu’île de Muéo. Ici c’est un village à part entière qui a vu le jour dans les années 1960 grâce a l’exploitation minière. Les infrastructures de l’époque sont encore présentes. Aujourd’hui les habitants voudraient du renouveau.

"Pour les jeunes, il n'y a rien. Si vous allez faire un tour au terrain de basket, c'est tout cassé, c'est tout dégradé. Le grillage a été cassé il faudrait tout refaire. C'est comme le marché, il est plus souvent vide que rempli, ça ne marche pas tellement "  confie Anne-Lise Guisgant, une habitante de Népoui.


Motiver la jeunesse

jeune à poya
©Claude Lindor

Chad a grandi à Népoui. Il a 25 ans, il a un bac pro électricité en poche mais pas de travail. Il n’est pas le seul dans cette situation pour lui la jeunesse est stigmatisée . "Ils ne font rien, ils sont là à supporter le regard des gens. Ils veulent travailler mais il faut que quelqu'un vienne leur donner la main " confie Chad Rimbert, habitant de Népoui. 

Cette main tendue il vaudrait qu’elle vienne de la mairie. Formation, développement, aménagement : c'est autant de pistes pour l’avenir de Poya.

Le reportage de Camille Mosnier et Claude Lindor. 


 

La carte d'identité de Poya