Rachat ou fermeture de l'usine du Sud : qu’en disent les experts ?

nickel
Vale NC Usine du Sud
©NCla1ère
La fermeture du l'usine de Vale NC, fantasme ou réalité ? Après le retrait de l'offre de New Century Ressources la semaine dernière, la question est à nouveau d'actualité en Calédonie comme en Métropole. Nos équipes ont rencontré deux experts, spécialistes de l'économie des matières premières.
Faute de repreneur sérieux, l’usine du Sud cessera ses activités début 2021… cette annonce faite la semaine dernière par Vale NC suite au retrait de l’offre de New Century Resources a fait l’effet d’une bombe. 
 

« La Nouvelle-Calédonie peut inquiéter »

Et pour cause, l’usine du Sud, c’est 1300 emplois directs et autant d’emplois indirects et 10% du PIB calédonien. C’est aussi l’un des plus gros gisements de nickel et de cobalt au monde. Un argument essentiel, mais pas suffisant pour garantir sa reprise, selon Philippe Chalmin, historien et économiste des matières premières.
« Le bémol, c’est la Nouvelle-Calédonie. Il faut quand même appeler un chat, un chat. Nous avons des incertitudes politiques non négligeables, et le nickel est lui-même un enjeu majeur entre les différents protagonistes politiques en Nouvelle-Calédonie. Nous avons une situation sociale qui n’est quand même pas excellente. Et je dirais que, autant le nickel peut attirer, autant, très franchement, la Nouvelle-Calédonie peut inquiéter » indique le coordinateur de la revue Cyclope.
Vale NC Usine du Sud
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Une fermeture politiquement peu probable 

Si la fermeture ou mise sous cocon de l’usine du sud est bel et bien possible d’un point de vue économique, estime de son côté Nicolas Mazzuchi, économiste des matières premières et du nickel, elle reste peu probable d’un point de vue politique. 
« On a une très longue histoire, que ce soit en Métropole ou ailleurs, de fermetures d’usines avec beaucoup de casse sociale à la clé, néanmoins il faut se poser la question du fait que ce soit politiquement faisable. Economiquement, malheureusement ça l’est, politiquement vu la situation globale en Nouvelle-Calédonie mais aussi la situation de la France et du monde dans la période que nous vivons aujourd’hui avec le coronavirus, ça me semble très difficile ». 
 

Qui pourrait reprendre l’usine du Sud ? 

D’autant que, renchérit l’économiste, le nickel et ses dérivés sont des produits clés dans le cadre de la transition énergétique.  
«  Beaucoup d’acteurs pourraient être techniquement intéressés. Il y a une offre à l’heure actuelle portée par Korea Zinc principalement, mais on peut aussi envisager des choses qui se sont déjà vues au niveau d’autres métaux par exemple. On peut penser notamment à des fabricants de batteries, on peut penser à Tesla qui cherche toujours en fait à fermer sa chaîne de valeurs industrielles sur les batteries. Ou éventuellement si on regarde toujours la question des batteries, peut-être à des acteurs chinois dont la stratégie justement d’aller vers les questions minières s’est déjà vue sur le lithium et sur le cobalt » estime Nicolas Mazzuchi. 
Chinois, coréen ou calédonien, le futur repreneur doit faire vite ; il n’a que deux mois pour présenter une offre de reprise. 
Le point avec Caroline Antic-Martin, Alain Jeannin et Nordine Bensmail 
©nouvellecaledonie
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