Rachat de Vale : Calédonie ensemble demande le report de la décision et une session extraordinaire du Congrès

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©Charlotte Mannevy
Le parti de Philippe Gomès a annoncé vouloir une réunion en urgence du Congrès et de la Province Sud, estimant que les institutions sont tenues à l’écart du dossier. Dans un courrier, Calédonie ensemble demande également à l’industriel de reporter sa décision.
Le timing est jugé « désastreux » par Calédonie ensemble. Vale a en effet ouvert des négociations exclusives avec la société australienne New Century Resources pour le rachat de l’usine de Goro et devrait annoncer sa décision mi-septembre. Calédonie ensemble constate que « faute de transparence et de dialogue, dans un contexte déjà sous tension, le dossier de la reprise de l’usine du Sud est devenu un sujet de conflit politique à la veille du référendum du 4 octobre prochain. »

Dans un courrier diffusé ce mardi 1er septembre, les trois parlementaires Calédonie ensemble demandent au président de Vale de «calmer la situation en annonçant le report du choix du repreneur de l’usine du Sud à une date postérieure au référendum».

En plus de ce moratoire le parti demande également une réunion extraordinaire du Congrès sur le sujet. Séance qui permettrait d’auditionner les acteurs du dossier, y compris l’instance coutumière de négociation (ICAN) organisatrice de la récente manifestation contre le projet, et de voter un vœu « visant à ce que Vale NC reporte à une date postérieure au référendum, le choix du repreneur de l’usine du Sud. »

 

« Faillite institutionnelle »

Calédonie ensemble souhaite également que la province Sud organise une séance publique d’information sur ce dossier. Dossier qui illustre « la faillite institutionnelle à laquelle nous assistons depuis les dernières élections provinciales », selon le secrétaire général du parti, Philippe Michel. «En effet, ni le Congrès, ni le gouvernement ni les assemblées de province n’ont fait entendre leur voix sur ce sujet qui les concerne pourtant au premier chef», poursuit-il. 
 
Pour Calédonie ensemble, les institutions calédoniennes sont en effet fondées à plusieurs titres à se saisir du dossier : 
 
  • Le Congrès et le gouvernement en raison de la réglementation fiscale
  • Les provinces, actionnaires de Vale via la Société de participation minière du Sud calédonien (SPMSC)
  • La Province Sud a accordé ses garanties financières au titre de la mine
Reste que Calédonie ensemble ne pourra, seul, obtenir l’organisation d’une session extraordinaire. Il faut en effet que la demande soit formulée à la majorité simple, soit par 28 membres du Congrès.

Le reportage d'Erik Dufour et Louis Perin.
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