Gaston Flosse comparaît dans une affaire de corruption

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Le sénateur Gaston Flosse comparaît lundi devant le tribunal correctionnel de Papeete, dans une affaire de détournements de biens sociaux et de corruption à l’Office des postes et télécommunications de Polynésie française (OPT).
Gaston Flosse est poursuivi pour corruption active, trafic d’influence passif et complicité de destruction de preuves.

L’ancien président de la Polynésie française (ex-UMP) est soupçonné d’avoir bénéficié, de 1993 à 2005, pour lui-même et son parti, de versements du groupe 2H, dirigé par Hubert Haddad, en échange d’attributions de marchés.

Ce groupe était chargé de la publicité pour l’annuaire officiel de la Polynésie. Le montant total de ces versements effectués en liquide et dans des enveloppes remises chaque mois à la secrétaire particulière de Gaston Flosse, Melbas Ortas, est estimé à près d’1,2 millions d’euros.

La secrétaire a reconnu les faits tandis que le sénateur a admis certains des versements. Quant à M. Haddad, il a admis avoir payé pour soutenir le Tahoeraa Huiraatira, parti de Gaston Flosse, alors que celui-ci présidait la Polynésie française.

Cette affaire a valu au sénateur son placement en détention provisoire pendant un mois fin 2009. Il a déjà été condamné, en octobre 2011, à quatre ans de prison ferme, mais sans mandat de dépôt, dans une affaire d’emplois fictifs. Ce dossier doit être jugé en appel à la mi-octobre, également à Papeete.

Le "vieux lion", malgré de nombreuses affaires judiciaires, est revenu sur le devant de la scène lors des dernières législatives, son parti raflant les trois circonscriptions de cette collectivité d’Outre-mer.

M. Flosse, 81 ans, a été le premier président du gouvernement de Polynésie française en 1984. Il a été au pouvoir à Papeete à quatre reprises (1984-1987, 1991-2004, octobre 2004-février 2005, février-avril 2008).