USA: Au bord de la paralysie

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Des centaines de milliers de fonctionnaires américains ont commencé leur semaine de travail sans savoir s'ils reviendront travailler demain, à quelques heures d'une éventuelle paralysie gouvernementale, faute d'accord entre républicains et démocrates sur le budget
Une diminution drastique des effectifs des services fédéraux

Les effectifs des administrations pourraient être réduits au minimum vital jusqu'à une date indéterminée à partir de demain si les parlementaires du Congrès ne votaient pas d'ici minuit une loi de finances temporaire. Une telle fermeture des services fédéraux serait la faute des républicains, selon 46% des Américains, tandis que 36% estiment que ce serait celle de Barack Obama, révèle un sondage CNN/ORC International. Le Sénat américain, à majorité démocrate, reprend ses travaux aujourd'hui et devrait rejeter un projet de loi de finances adopté dans la nuit de samedi à dimanche par la Chambre des représentants contrôlée par les républicains, renvoyant ainsi les négociations à la case départ à moins de dix heures du début de l'exercice budgétaire 2014.

L'absence de discussions directes entre les deux camps faisait craindre la première fermeture de l'Etat fédéral depuis janvier 1996, culmination de près de trois années de confrontation permanente entre démocrates et républicain sur le budget. Plus de 800.000 employés jugés non essentiels pourraient être mis en congés sans solde, sans garantie de paie rétroactive.Certaines agences renverraient ainsi jusqu'à 95% de leurs employés, même si les fonctions régaliennes de l'Etat fédéral seront assurées dans tous les cas. Partout dans le pays, les portes des parcs et musées nationaux, y compris le zoo de Washington, resteraient fermées.

Les marchés s'attendent au pire

Les marchés ont signifié leur inquiétude: à New York, le Dow Jones a ouvert en baisse de 0,79% et le Nasdaq en baisse de 1,20%, la Bourse de Tokyo a clôturé en baisse de 2,06% et celle de Sydney de 1,66%. Les Bourses européennes marquaient aussi le coup, plombées en outre par la nouvelle crise politique en Italie, et Paris comme Francfort cédaient plus de 1% en milieu de matinée.

Alors que les investisseurs ont surtout les yeux rivés sur les Etats-Unis, "les marchés s'attendent au pire et l'aversion au risque augmente", a souligné dans une note le Crédit Agricole. Quel que soit le contenu d'un éventuel accord in extremis, tout compromis n'assurerait le financement de l'Etat fédéral que pour quelques semaines, durant lesquelles démocrates et républicains devront négocier une loi de finances pour le reste de l'année 2014.