La législation du shark-feeding en question

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Entre nourrir un "pointe noire" et un "tigre", la différence est de taille. ©seriousplay-info.fr
La première journée des requins en Polynésie, c’est aujourd’hui à l'initiative du Criobe et de l’Observatoire des requins de Polynésie. A cette occasion, certains évoquent une évolution de la pratique du shark-feeding, inadaptée notamment aux enjeux sécuritaires et économiques.
Il y a quelques jours, un pêcheur de Tubuai a eu la peur de sa vie après avoir été mordu par un requin dans le lagon. Heureusement sans gravité. 
En Polynésie, rares sont les attaques de requins, même avec le shark feeding. Pour Eric Clua, vétérinaire officiant au haut-commissariat, le cadre de cette pratique pourrait être revu. Et cela, pour de multiples raisons.
 
D'abord sécuritaire, car localement, la loi "laisse pratiquer certaines formes de feeding hors du lagon avec des requins potentiellement dangereux (par exemple le tigre)". Economique car "elle interdit (au moins en théorie) du feeding dans le lagon d'espèces ne présentant qu'un risque mineur (par ex. les pointes noires)".
 
Ce spécialiste du comportement des requins remarque aussi que "le critère entre "bon" et "mauvais" feeding tient au niveau d'interaction avec le requin ; tout ce qui conduit le requin à associer la nourriture avec l'homme, voire avec le corps de l'homme, est potentiellement nocif (par exemple les deux extrêmes : déposer de la nourriture dans le milieu à l'insu du requin (= peu interactif) jusqu'à donner de la nourriture au requin à la main (= très interactif)". 
 
Eric Clua précise enfin que "la relation entre "pratique du feeding" et "augmentation du risque d'attaques" n'a à ce jour jamais été prouvée scientifiquement... Le problème tient notamment aux espèces en présence".