Quatre mois ferme, pour avoir appelé son ex-petite amie 21807 fois.

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©cc-by narcoto
"Avec le recul", il se dit que c'était "stupide": un homme de 33 ans a été condamné, jeudi à Lyon, à dix mois de prison dont six avec sursis pour avoir harcelé son ex-petite amie en la contactant 21.807 fois en dix mois au téléphone.
Cette peine a été assortie d'une obligation de soins durant deux ans et d'une interdiction de tout contact avec la victime, à laquelle le prévenu devra verser notamment 1.000 euros de dommages et intérêts, ont indiqué à l'AFP les avocats des deux parties.  
Le prévenu, résidant à Craponne (Rhône) et faisant l'objet d'un suivi psychiatrique, a reconnu ses milliers d'appels et SMS devant le tribunal correctionnel, tout en soulignant qu'il n'avait plus contacté la victime et qu'il avait respecté son contrôle judiciaire ainsi que l'obligation de soins auxquels il était soumis depuis un premier règlement de l'affaire devant médiateur.
              
Le procureur, Nathalie Huzieux, avait requis 10 mois de prison ferme.
              
Souffrant de dépression, le prévenu a déjà fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. Quand son ex-compagne a mis fin à leur relation en 2011, il n'a pas supporté, exigeant une compensation pour des travaux qu'il aurait effectués dans son appartement. "A l'époque, ma logique c'était que tant qu'elle ne me rendrait pas mon argent, qu'elle ne me paierait pas mes travaux, ou qu'elle ne me dirait pas au moins merci, je n'arrêterais pas mes appels", a-t-il déclaré à la barre, habillé d'une chemise blanche et rasé de frais.
Un rappel à la loi et une obligation de se présenter devant le juge, non respectée, n'y changent rien: à intervalle régulier, la victime reçoit des dizaines, voire des centaines d'appels. "Elle a essayé de bloquer sa ligne mais il a alors téléphoné à ses parents et sur son lieu de travail", a relaté Me Manuella Spée, avocate de la victime, institutrice, absente à l'audience.
              
La victime, âgée de 32 ans, porte plainte une nouvelle fois. "En une heure et demie de procédure, les policiers ont pu constater une centaine d'appels!", a encore raconté son avocate. Finalement, c'est quand son ex-compagne accepte de lui dire "merci", lors d'une confrontation devant un médiateur, que le prévenu met fin à son harcèlement. Il ne l'a pas recontactée depuis.
              
"Je me dis, avec le recul, que c'était stupide", a-t-il déclaré jeudi au tribunal. La victime, qui a "beaucoup souffert de tout ça", a depuis "passé un été formidable, sans appels, et espère que ça va continuer", d'après son avocate.
Sans emploi depuis janvier 2014, le prévenu, titulaire d'un deug de communication, a dit vouloir reprendre des études pour devenir assistant juridique. L'auteur de 21.807 appels et SMS en dix mois a aussi fait part d'une "passion pour l'écriture".