[REPLAY] Le lait des îles

Lundi 1er mars à 19h50, découvrez les trésors de notre riche terroir dans ce nouveau documentaire.

  • Polynésie la 1ère (MEL : IB)
  • Publié le , mis à jour le

Lorsqu'on emprunte la route du plateau de Taravao, sur la presqu'île de Tahiti, une atmosphère de western exotique interroge le regard. Un cheptel de 1 100 bovins, dont 200 vaches laitières croisées Holstein/Brahmane, profite de quelques 250 hectares de pâturages verdoyants à la vue imprenable. C'est bien là que se trouve le « grenier » historique de la Polynésie. Le Tahiti des années 50 révèle un monde tranquille, une agriculture traditionnelle, une économie coloniale fondée sur l'exploitation des cocoteraies, de la vanille et du café.

© Ça pousse au fenua
© Ça pousse au fenua

L'élevage se développe, et grâce à l'accroissement démographique et à l'essor du tourisme, on promet de beaux jours à la production de lait frais. On vient chercher le lait en truck dans les nombreuses exploitations traditionnelles nichées sur le plateau de Taravao. Mais déjà, le Tahiti d'antan commence à disparaître... En 1963, avec l'implantation du Centre d'Expérimentations du Pacifique, la main d'œuvre agricole déserte les champs pour travailler sur les chantiers plus rémunérateurs. Un savoir-faire se perd dans la marche effrénée du « progrès ». La société polynésienne devient une société de consommation, on a recours massivement à l'importation. Les productions traditionnelles s'effondrent et l'agriculture locale entre dans une longue période de sommeil qui durera 25 ans. En 1978, avec l'importation du lait UHT bon marché et longue conservation, les exploitations laitières ferment les unes après les autres.

Aujourd'hui, il ne reste plus qu'une seule ferme qui fournit le lait frais à toute la Polynésie française. Un lait frais qui, une fois pasteurisé, est commercialisé tel quel sous le nom de Vai Ora ; qui sert aussi de matière première pour la fabrication de fromages locaux imaginés par Juliet Lamy, ou d'une ricotta maison qui agrémente les plats du cuisinier Vincenzo Calabria. Si le chemin vers l'autosuffisance alimentaire semble encore long, les acteurs de la filière lait sont conscients que d'autres modes de production et de consommation sont possibles. Il s'agit de renouer le fil de la transmission en réinventant une agriculture locale plus proche de l'humain.

"Le lait des îles" : un documentaire de Mélissa Constantinovitch à ne pas manquer lundi 1er mars à 19h50.

 

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