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[REPLAY] Au nom du père, du fils et des esprits

Emmanuel, fils du leader indépendantiste kanak Jean-Marie Tjibaou, part sur les traces de son père, en quête d’informations sur cet homme qu’il a si peu connu. Un documentaire qui a reçu le prix du jury du FIFO 2019, à voir lundi 1er avril, à 19H30.

  • Par Tiana Valencourt
  • Publié le , mis à jour le
Jean-Marie Tjibaou (leader du FLNKS) et Jacques Lafleur (chef des Loyalistes) signent le 26 juin 1988, les accords de Matignon sous l’égide du Premier ministre Michel Rocard. Une poignée de main historique met fin à sept années d’affrontements et de violence entre opposants et partisans de l'indépendance, qui ont fini par dégénérer en quasi guerre civile.
Le leader Kanak est assassiné le 4 mai 1989 à Ouvéa par Djubelly Wéa, militant indépendantiste radical farouchement opposé à la démarche de paix.

Ce film est l’histoire d’une quête : Emmanuel Tjibaou, l’un des fils de Jean-Marie, interroge son passé. Hanté par la mort de son père (il n’avait que 13 ans), il explore les archives, interroge ceux qui l’ont côtoyé et dévoile une part de ses souvenirs d’enfance.

L'histoire se teinte d’intimité et d’émotion. Un film qui prend une résonance toute particulière à l’aube du référendum d'auto-détermination du 4 novembre prochain.
Ne manquez pas, le Prix du jury du FIFO 2019, ce lundi 1er avril, à 19H30, sur Polynésie la 1ère.

 

Interview des réalisateurs Dorothée Tromparent et Emmanuel Desbouiges


Comment avez-vous réussi à convaincre Emmanuel Tjibaou de partir sur les traces de son père ?

Lorsque nous avons proposé ce projet à Emmanuel, il y a trois ans, nous ne savions pas du tout comment il allait réagir. Nous craignions qu’il refuse pour des raisons liées à la pudeur d’un fils, à la volonté de protéger le peu d’intimité qu’il avait eu avec son père… Et pourtant, sa réaction a été immédiatement enthousiaste ! Les objectifs étaient, pour lui, dès le départ, très clairs. Il nous a dit : « ce film, nous allons le faire pour tous, mais avant pour les Vieux et les enfants. Pour les Vieux : pour que leur parole soit inscrite avant qu’il ne soit trop tard et pour rendre hommage à leur force et à leurs convictions. Pour nos enfants : pour qu’ils sachent un peu mieux qui était Jean-Marie Tjibaou et que son parcours de paix et de liberté puisse contribuer à les faire grandir. »

Est-ce que ça été difficile d’aborder Jean-Marie Tjibaou autrement que comme une icône ?

Cela n’a pas été difficile du tout, car aucun d’entre nous n’abordait ou ne souhaitait aborder Jean-Marie Tjibaou comme une icône. De notre côté, nous souhaitions, avant tout, donner à voir le parcours d’exception de cet homme (de la tribu de Tiendanite au perron de l’Elysée !) dans son combat pour la dignité de tout un peuple. Nous souhaitions également, autant que faire se peut, apporter des éléments de l’ordre de l’intime pour mieux saisir les décisions souvent difficiles qu’il a dû prendre et les situations qu’il a dû affronter. Emmanuel, de son côté, avait clairement fixé les règles au premier jour de tournage. Ce jour-là, il nous a emmenés au pied de la statue de son père qui se trouve au Centre culturel Tjibaou, sur une petite colline. Et il nous a dit : « Vous voyez cette statue ? Eh bien, c’est exactement ce que je ne veux pas faire avec ce film. Il n’est pas question de figer mon père dans une attitude ou une posture quelconque, même si elle peut sembler avantageuse. C’est déjà ridicule pour de nombreux hommes politiques, mais, pour nous les Kanak, figer ainsi l’image d’un homme est une aberration ! » On ne pouvait rêver de meilleure feuille de route.

Après ce film, est-ce que vous voyez Jean-Marie Tjibaou autrement ?

Passer autant de temps sur un même sujet modifie forcément le regard. À force de côtoyer et d’interviewer certains de ses proches, de voir et revoir des archives pour certaines inédites ou très personnelles, nous avons presque l’impression, parfois, d’avoir rencontré Jean-Marie Tjibaou ou de le connaître un peu mieux. C’est bien présomptueux ! Comment cerner une personnalité aussi riche, même après trois ans de travail ? Notre film n’est qu’une petite contribution à une vaste histoire que d’autres ont écrit ou continueront d’écrire. Quant à notre regard personnel sur Jean-Marie Tjibaou, ce travail nous aura sans doute renforcés dans notre sentiment de départ, si bien résumé par Michel Rocard qui lui rendait hommage lors de ses obsèques : « Un homme libre, un homme droit, un homme juste ! »
 

Le replay 

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