Les élèves français, toujours bonnets d'âne en mathématiques

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Les élèves français sont, en maths et en sciences, parmi les moins bons de l'Union européenne.
En mathématiques, les petits Français font toujours partie des derniers de la classe: une étude confirme qu'ils restaient à un niveau "beaucoup trop faible", selon le ministre de l'Education qui espère une amélioration grâce à un plan lancé il y a deux ans.

Les élèves français sont, en maths et en sciences, parmi les moins bons de l'Union européenne, selon l'étude TIMSS publiée par l'Association internationale pour l'évaluation de la réussite éducative (IAE), un organisme scientifique basé aux Etats-Unis.

Cette enquête réalisée en mai 2019 a évalué des dizaines de milliers d'enfants en CM1 et quatrième (environ 4 000 pour chaque niveau en France).

En mathématiques, en CM1, la France est en queue de peloton de l'Union européenne. Et seul le Chili a un score plus faible si on élargit au niveau international. Un constat comparable à celui de 2015, date de la dernière étude.

En outre en France, "on constate une surreprésentation des élèves les plus faibles. En mathématiques, 15% des élèves français n'atteignent pas le +niveau bas+, contre 6% des élèves au niveau européen. Cela signifie que ces 15% n'ont pas les connaissances élémentaires en CM1", a commenté Fabienne Rosenwald, directrice de la Depp, l'agence des statistiques du ministère.

Un chiffre est particulièrement éloquent en quatrième: le score moyen y est "en baisse de 47 points, c'est l'équivalent d'une année de classe", souligne Mme Rosenwald. "Autrement dit, le niveau des élèves de 4e en 2019 en maths est celui des élèves de 5e en 1995 dans cette matière", regrette-t-elle.
"Et seuls 2% des élèves français atteignent le niveau avancé en 2019 en mathématiques, contre 11% dans l'Union européenne et 50% à Singapour", précise Mme Rosenwald.

Réagissant à cette publication, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a reconnu sur BFMTV/RMC que "le niveau de mathématiques est beaucoup trop faible en France".

Cela justifie d'autant plus selon lui le lancement il y a deux ans du "plan mathématiques", inspiré d'un rapport écrit par les mathématiciens Cédric Villani et Charles Torossian.

"Le rapport Villani-Torossian nous a permis d’élaborer toute une stratégie mathématiques", a souligné M. Blanquer. "C'est sur plusieurs années que nous en verrons les effets. Mais nos élèves de début de primaire commencent à (en) bénéficier", selon lui.

Le plan mettait notamment l'accent sur le renforcement de la formation continue des professeurs de mathématiques.

"Nous avons déjà formé près de 1 600 référents mathématiques" en France, chargés à leur tour d'épauler, en petits groupes, les professeurs demandeurs, se félicite auprès de l'AFP Charles Torossian.  C'est "un investissement qui va produire ses effets sur le long terme", assure-t-il, citant l'exemple du Portugal, qui a vu ses résultats progresser après la mise en place d'un plan de formation similaire.

"En France, les professeurs des écoles sont plus souvent issus de formations littéraires donc ont moins d'aisance en mathématiques devant leurs élèves", rappelle de son côté Sébastien Planchenault, président de l'Apmep, l'association des professeurs de maths.  "Si on arrive à leur redonner confiance, grâce à une meilleure formation, ils vont sans doute changer de posture en classe et ce sera plus satisfaisant", espère-t-il. 

Le plan va donc "dans le bon sens", selon lui, avec quelques bémols: "La formation des profs reste disparate selon les académies et on n'a pas insufflé suffisamment de moyens".

L'objectif affiché est aussi désormais de mettre en oeuvre un apprentissage des mathématiques fondé sur la manipulation, l'expérimentation et l'abstraction dès le plus jeune âge, ou encore de cultiver le sens des quatre opérations dès le CP. 

"Pendant longtemps on a vécu sur de fausses idées, par exemple apprendre insuffisamment les tables de multiplication, retarder le moment où on apprend la division et la multiplication… Toutes ces choses là, c'est fini", a assuré mardi Jean-Michel Blanquer.