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5 ème année de baisse consécutive de l'emploi en Polynésie

emploi Tahiti
SEFI
©Polynésie 1ère - Abinera Tematahotoa
8 300 emplois déclarés à la Caisse de Prévoyance Sociale ont été perdus ces cinq dernières années. L’emploi dans la perliculture a notamment été divisé par deux. Les petites entreprises restent plus touchées que les grosses structures. 
Sur un an, l’emploi diminue de 2,6 %, recul moins marqué que celui des années 2010 et 2011 (- 3 % et - 2,9 % respectivement). Les effectifs de 2012 sont semblables à ceux de l’année 2002. Les hommes demeurent majoritaires, mais leur part baisse régulièrement. En 2012, les femmes occupent 44,6 % des emplois. La baisse de l’emploi en 2012 est particulièrement importante dans les secteurs de la construction (- 7,7 %) et de l’industrie (- 5,9 %). Les effectifs du gros oeuvre diminuent de 18 % en 2012, ceux du second oeuvre de 2 %, alors que l’emploi dans les travaux publics progresse de 5 %. La baisse de l’activité et la fermeture d’entreprises ont fortement affecté les effectifs dans les activités de production d’éléments à destination de la construction (charpentes, structures métalliques, pièces en béton), de construction de bateaux de plaisance et d’articles de joaillerie et bijouterie ces cinq dernières années. Les effectifs dans le secteur primaire se stabilisent sur les trois dernières années. Depuis cinq ans, l’emploi dans la perliculture a été divisé par deux (1 000 emplois salariés en 2012). La diminution de 600 emplois en 2012 dans le secteur tertiaire non marchand est exclusivement due à l’administration publique. Les effectifs déclarés par l’État à la CPS se réduisent de 11 % et ceux de la Polynésie et des communes baissent de 2,6 %. Sur cinq ans, 2 000 emplois ont été supprimés dans l’administration publique. L’emploi salarié dans le secteur marchand du tertiaire s’est moins replié en 2012 (- 1,2 %) que les deux années précédentes (- 2,8 % et - 3,1 % en 2010 et 2011 respectivement). Dans le commerce, la vente et les services de réparation de véhicules sont particulièrement touchés. Les commerces de détail en magasins spécialisés (informatique, meubles, presse et livres, habillement, bijouterie) sont plus durement touchés que les grandes surfaces généralistes. L’arrivée de nouveaux opérateurs dans les secteurs des communications sans fil permet à cette activité de voir ses effectifs progresser. De même, l’externalisation des activités d’hébergement et de traitements de données informatiques, des activités juridiques et comptables se poursuit ; ces services deviennent de plus en plus complexes et réglementaires. La progression des effectifs de la production et distribution d’énergie et des secteurs de sécurité privée et de nettoyage industriel marque le pas, après une croissance importante ces dernières années.


Les petites entreprises plus touchées que les grosses structures

 En 2012, la baisse de l’emploi ne concerne que les entreprises de moins de 10 salariés (- 600 emplois) et les entreprises de 50 à 249 salariés (- 1 200 emplois). Les plus grosses structures (plus de 250 salariés) ont maintenu leurs effectifs après cinq années de baisse. Les entreprises de taille réduite (moins de 10 salariés) demeurent les plus nombreuses alors qu’elles n’emploient que 22 % des salariés. Seuls 24 employeurs salarient plus de 250 personnes en décembre 2012 concentrant 30 % des emplois salariés ; les huit plus grosses structures emploient 18 % des effectifs. Neuf salariés sur dix dans le secteur primaire, 80 % dans le commerce et 70 % dans la construction sont employés par des entreprises de moins de 50 salariés. A contrario, la moitié des salariés du transport et de l’entreposage et du tertiaire non marchand travaillent dans des structures de plus de 250 salariés. En 2012, le nombre d’établissements employeurs a diminué de 200 après une perte de 170 unités entre 2010 et 2011. Depuis 2007, le taux de cessation d’employeurs est en progression continue alors que le nombre de nouveaux employeurs reste relativement stable. Bien qu’en légère augmentation en 2012, les créations d’emploi au sein des nouveaux établissements ne permettent pas de compenser la perte d’emploi. Les nouveaux employeurs ont recruté 2 510 personnes alors que les entreprises qui disparaissaient en ont licencié 2 860, soit un solde négatif de 350 emplois. Parmi les employeurs présents en 2011 et 2012 (82 % des établissements), le nombre d’emplois baisse de 2,1 %, proportion légèrement moins élevée qu’en 2010 et 2011. Les employeurs de la construction demeurent les plus fragiles, trois sur dix n’ont plus de salariés après un an et 20 % sont des nouveaux employeurs. Parmi eux, se trouvent des entreprises de constructions individuelles créées uniquement pour la construction d’une seule maison. Les effectifs des employeurs pérennes de la construction sont stables entre 2011 et 2012.
 

Quatre femmes sur 10 travaillent à temps partiel

La durée moyenne mensuelle de travail continue de décroître pour atteindre 145,5 heures en 2012 (145,9 heures en 2011). Sur cinq ans, le volume d’heures déclaré diminue de 2,4 % en moyenne annuelle. Depuis 2007, la proportion de personnes travaillant à temps partiel (moins de 169 heures mensuellement) continue de s’accroître tandis que celle des personnes à temps plein se réduit. De même, de moins en moins de salariés effectuent des heures supplémentaires (10 % en 2012). Les inégalités de durée de travail persistent : quatre femmes sur dix travaillent à temps partiel contre 30 % des hommes. Les hommes sont deux fois plus nombreux à réaliser des heures supplémentaires. Dans le secteur de la production et distribution d’énergie, d’eau et de gestion des déchets, quatre salariés sur dix effectuent des heures supplémentaires alors que 10 % travaillent moins de 169 heures par mois. En revanche, la moitié des effectifs de la construction ou de l’hôtellerie restauration travaillent à temps partiel.
 

Le salaire moyen en légère progression

Le salaire moyen pour 145,5 heures travaillées est de 269 500 F.CFP, en augmentation de 0,8 % sur un an. Il correspondait à un salaire net de 236 000 F.CFP au 31 décembre 2012. Le nombre d’emplois équivalents temps plein est en baisse de 2,6 % en 2012 pour se situer à 53 000 postes. Le salaire brut moyen équivalent temps plein progresse de 1,1 % en 2012 ; il se situe à 313 000 F.CFP. Les salaires des secteurs primaire, de l’industrie et de la construction augmentent de 3,7 %, 1,9 % et 1,6 % respectivement alors que les rémunérations des salariés du secteur tertiaire tant marchand que non marchand sont revalorisées de 0,8 %. Dans le commerce et la réparation automobile, le salaire moyen équivalent temps plein est stable à 271 000 F.CFP brut en 2012. Le pouvoir d’achat des salariés se dégrade pour la troisième année consécutive ; l’inflation moyenne annuelle en 2012 atteint + 1,2 %. La médiane des salaires en 2012 progresse de 1,0 %. La moitié des salariés gagnent moins de 204 000 F.CFP en 2012 contre 202 000 F.CFP en 2011. Un quart des salariés gagnent moins de 150 000 F.CFP et un autre quart plus de 340 500 F.CFP. L’écart de rémunération entre les femmes et les hommes se réduit peu depuis 2008. De 5,9 % en 2008, il est désormais de 5,5 % toujours au profit des hommes. Les femmes gagnent en moyenne 303 500 F.CFP (en équivalent temps plein) contre 320 200 F.CFP pour les hommes. L’écart relatif, fortement marqué dans le secteur privé, s’y est réduit d’un point en quatre ans ; les hommes y gagnent en moyenne 11 % de plus que les femmes. En revanche, dans le secteur public où les femmes ont un salaire moyen plus élevé, l’écart s’est accru de 2 % en 2012. Les secteurs financiers et d’assurance, des activités scientifiques et techniques et de la santé humaine et action sociale demeurent les plus inégalitaires avec des rémunérations des femmes inférieures de plus d’un tiers à celles versées aux hommes. La proportion de salariés gagnant moins de 200 000 F.CFP brut par mois continue de reculer pour atteindre 49 % (54 % en 2007), tandis que la part de ceux gagnant plus de 600 000 F.CFP croît régulièrement (6 %).
 

10 milliards de salaire en moins

La masse salariale en 2012 repasse sous les 200 milliards F.CFP. Depuis 2008, la masse salariale a diminué de 5 % soit dix milliards de salaires versés en moins. L’administration publique diminue sa masse salariale de 600 millions F.CFP en 2012, le secteur de la construction de 800 millions F.CFP et le commerce de 400 millions F.CFP. Les entreprises de plus de 250 salariés sont les seules à maintenir leur masse salariale constante. La masse salariale dédiée aux salaires de moins de 200 000 F.CFP est la plus affectée et diminue de 4 % en 2012 comme en moyenne annuelle depuis 2007. L’augmentation du salaire moyen équivalent temps plein (+ 1,1 %) ne compense pas la diminution des effectifs (- 2,6 %) et de l’horaire moyen mensuel (- 0,3 %) ce qui explique la perte de masse salariale en 2012. Le marché du travail reste mal orienté malgré un sursaut de 50 % (+ 3 500) des offres d’emploi de toutes natures en 2012. Les demandes d’emploi progressent relativement moins vite (+ 20 %, + 5 000) permettant aux demandeurs d’être légèrement moins nombreux face à une offre de toutes natures, soit 3 en 2012 contre 4 en 2011. Pour les offres d’emploi normal, ce ratio passe de 12 à 9 demandes. Ce sont en moyenne 10 800 demandeurs d’emploi qui recherchaient un emploi à chaque fin de mois en 2012, correspondant à 25 500 demandeurs distincts, et confrontés à 10 800 propositions d’emploi et de formation (dont 3 800 offres d’emploi normal). Le nombre de propositions d’emploi demeure ainsi largement insuffisant pour absorber, d’une part les chômeurs, d’autre part les nouveaux arrivants sur le marché du travail. Avec 3 800 offres d’emploi normal (+ 60 %), l’année 2012 a bénéficié d’opérations exceptionnelles comme le recensement de la population qui a offert 800 postes (en CDD), faisant de l’administration le premier pourvoyeur d’emploi. Dans le secteur privé, les hôtels et restaurants demeurent les premiers offreurs avec 500 postes en 2012 (+ 10 %), suivis par le commerce (400 postes, + 45 %). Les activités du secteur primaire (agriculture, perle et pêche) ont proposé 280 postes (+ 21 %), suivies de près par les activités spécialisées, scientifiques et techniques (260 postes, + 10 %) et les activités de services administratifs et de soutien (222 postes, + 83 %). Enfin, le secteur de la construction, premier offreur du territoire jusqu’en 2006 avec environ 800 postes offerts par an, n’a proposé que 200 postes en 2012, soit une nouvelle baisse annuelle (- 20 %), la septième consécutive.


Le commerce recrute

Concernant les domaines de formation requis, les métiers relatifs aux sciences économiques (économie, gestion, comptabilité, finances) ont bénéficié de quatre fois plus d’offres qu’en 2011, soit 1 100 postes offerts. La hausse a été de 70 % pour les métiers relatifs au commerce (390 postes). Les offres d’emploi en CDD demeurent majoritaires en 2012 (56 % des offres normales) et les offres de contrats pour patentés sont en forte hausse (255 postes, + 160 %) au détriment des CDI (37 % de l’offre contre 41 % en 2010 et 2011). Pour 80 % d’entre eux, les postes offerts visent à remplacer un salarié, 20 % seulement sont des créations de postes, ce qui confirme la tendance observée depuis cinq ans. Après une baisse en 2011, le nombre de demandeurs d’emploi est à nouveau en hausse en 2012 (+ 23 %) ; ils étaient en moyenne 10 800 à chercher un travail à chaque fin de mois. Les demandeurs inscrits depuis moins de trois mois sont les plus nombreux (7 450, + 15 %), mais le nombre de demandeurs inscrits depuis plus d’un an augmente le plus ; ils sont trois fois plus nombreux qu’en 2011 (550). Suivant les diplômes, les plus fortes progressions se retrouvent chez les bacheliers et les étudiants (respectivement + 31 % et + 27 %).

Source: www.ispf.pf
 
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