Six mois de prison pour avoir violenté un surveillant de Nuutania

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Accusé d'avoir violenté des surveillants pénitentiaires de Nuutania, le prévenu a écopé de six mois de prison ferme. ©Polynésie 1ère / Maruki Dury
Le détenu, soupçonné par ailleurs de s'être radicalisé à l'islam, a été jugé en comparution immédiate jeudi 8 septembre pour d'autres faits de violence sur les surveillants pénitentiaires de Nuutania.
Le prévenu est un habitué du tribunal. Plusieurs fois condamné depuis 2009, l'homme qui a été fiché S suite à des soupçons de radicalisation, compte quinze condamnations à son actif : violences volontaires, vols aggravés... La dernière date du 1er septembre dernier. Condamné, le prévenu avait fait appel le 6 septembre.

Cette fois, il est question de violences commises, le 5 septembre, sur un fonctionnaire de prison dans l'exercice de ses fonctions. Le prévenu, âgé de 26 ans, s'est défendu en expliquant avoir été provoqué par les gardiens de prison l'appelant  "Allah Akbar", "Daesh" ou encore "Boko Haram".

L'incident se serait produit lors d'une opération de vérification fouille intégrale durant laquelle le détenu doit se déshabiller. Selon notre journaliste au tribunal, le détenu aurait murmuré "bâtard" à l'avocat du surveillant pénitentiaire, agent dépositaire de l'autorité publique. Une réaction qui révèle l'intolérance du détenu lorsqu'il fait face à des contre arguments. L'homme a néanmoins demandé le respect et s'est engagé à ne plus être violent. De son côté, le gardien de prison, qui aurait reçu un seul coup de poing lors de cette fouille, a demandé 1 franc symbolique.


Un homme décrit comme fragile, narcissique et dépressif

L'expertise psychiatrique effectuée sur le prévenu est édifiante. Elle décrit l'homme comme faisant l'objet d'une altération du discernement et décrit un profil pour le moins particulier. Lors de sa jeunesse, le détenu, fragile psychologiquement, a été placé en foyer éducatif. L'homme, qui aurait déjà envisagé de se suicider, s'est retrouvé à la rue puis est devenu SDF avant de se retrouver en prison. L'expertise psychiatrique le décrit comme un homme intolérant à la frustration, narcissique et dépressif, mais aussi capable d'actes violents. Le prévenu, détenteur du permis côtier et ayant travaillé comme perliculteur, a par ailleurs déjà été hospitalisé en psychiatrie.

En voie de radicalisation, le détenu aurait tenu des discours forts et marqués contre tous les symboles de la France. Le procureur de la République a requis dix-huit mois d'emprisonnement. Le prévenu a été reconnu coupable et a finalement écopé de six mois d'emprisonnement.

L'homme est détenu à Nuutania depuis mars 2015, il aurait dû en sortir théoriquement en mai 2017.
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