François Hollande refuse de gracier Gaston Flosse

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François Hollande Gaston Flosse
François Hollande / Gaston Flosse
Fidèle au principe qu’il avait énoncé lors de son déplacement à Mayotte le 23 août dernier, le président de la République "souhaite que la justice soit appliquée" et refuse en conséquence de gracier Gaston Flosse.
La condamnation à trois années de privation de droits civiques, civils et de famille prononcée en première instance et confirmée le 23 juillet par la cour d’appel de Papeete est donc pour le sénateur et président du gouvernement de la Polynésie synonyme d’inéligibilité et de déchéance de ses mandats.
Cette décision du président de la République devrait être signifiée directement à l’intéressé qui aura le choix de démissionner ou d’attendre la notification officielle de cette décision par arrêté du haut commissaire de la République en Polynésie, Lionel Beffre.
 
Condamné aux côtés de dix sept autres personnes pour prise illégale d’intérêts et détournement de fonds dans l’affaire dite « des emplois fictifs », Gaston Flosse a également écopé d’une peine de quatre ans d’emprisonnement assortie du sursis et de 15 millions CFP d’amende (125 000 €).
Il est convaincu par la justice d’avoir favorisé entre 1996 et 2000 le recrutement par la présidence de quarante sept agents territoriaux et dédommagé plusieurs leaders syndicaux à des fins électoralistes ou de propagande.
 
Edouard Fritch
Edouard Fritch
Gaston Flosse continue à clamer son innocence. Il a décidé de se pourvoir en cassation car il dénonce le rejet sur la forme, pour des questions d’interprétation de délais, de la demande de relèvement  de la cour d’appel de Papeete du 4 septembre. Cette nouvelle procédure vient s’ajouter à plus de treize années d’instruction au cours desquelles plus de 500 personnes ont été entendues et une centaine initialement mises en examen.

Edouard Fritch présidentiable
 
Le vice président du gouvernement de la Polynésie Nuihau Laurey sera amené à assurer l’intérim de la présidence et à expédier les affaires courantes. L’assemblée de Polynésie disposera de quinze jours pour élire un nouveau président amené à constituer son gouvernement dans les cinq jours suivant son élection. Le président de l’assemblée de Polynésie et maire de Pirae Edouard Fritch est donné présidentiable.