Le mystère des pierres qui bougent semble résolu

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©D.R.
En Californie, dans la vallée de la Mort, des rochers se déplacent sur le sol sans raison apparente, semblant défier les lois de la pesanteur. En équipant les pierres de GPS, des scientifiques ont mesuré ces étranges promenades et trouvé une explication : du windsurf sur des carreaux de glace.
D'après le site "Futura Sciences", sur le sol argileux d’un lac asséché, des pierres, plus ou moins grosses, les plus lourdes atteignant 300 kg sont comme posées à l’extrémité de sillages qu’elles semblent avoir tracés elles-mêmes. Cette grande étendue ultraplate a d’ailleurs été baptisée Racetrack Playa. Qui ou quoi pousse ces rochers ? Dans cet endroit très peu hospitalier où la chaleur sèche est étouffante, mais où il peut geler la nuit, aucun observateur n’a pu filmer ces mystérieux déplacements. Depuis 70 ans, le phénomène intrigue.
L’hypothèse jusque-là admise, relatée à l’occasion d’un documentaire diffusé par la chaîne Discovery Science (voir la vidéo ci-dessus), est celle de vents puissants survenant en hiver et pouvant dépasser 140 km/h. Sur ce sol très lisse, une mince couverture d’eau, voire de glace, peut réduire à ce point les frottements que le vent suffit à faire glisser les roches. Effectivement, dans cette zone désertique, les faibles précipitations (quelques centimètres par an) se concentrent lors de courtes périodes de crues. Racetrack Playa se recouvre alors d’eau, laquelle peut geler la nuit.

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Une équipe de chercheurs a voulu en avoir le cœur net. Des appareils photo ont été installés pour des prises de vue régulières et des récepteurs GPS ont été fixés sur plusieurs rochers pour en enregistrer les déplacements. L’expérience a duré deux mois, entre décembre 2013 et janvier 2014. Une soixantaine de rochers ont pu ainsi être suivis dans leurs pérégrinations. Dans le même temps, les scientifiques ont noté les conditions météorologiques du site. Résultat de leur travail, publié dans la revue Plos One : oui, les vents poussent les pierres ; oui, la glace réduit les frottements ; non, il ne faut pas nécessairement des vents violents.
Les déplacements se font par à-coups, en fin de matinée, durant des phases d’environ une dizaine de minutes au maximum. Les pierres bougent alors à raison de 2 à 3 m par minute puis s’arrêtent. Durant les deux mois de l’expérience, les blocs ont parcouru, pour la plupart, une soixantaine de mètres, mais le plus véloce a établi le record à 224 m.