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Pas de village tahitien « made in » Nouvelle-Zélande...

Le Groupement KAITIAKI TAGALOA ne financera pas le projet du village tahitien. Les investisseurs maoris n'ont pas réuni les conditions contractuelles prévues par le protocole d’engagement en vue de la signature des contrats. D'autres irrégularités ont aussi été constatées. 

© Kaitiaki Tagaloa
© Kaitiaki Tagaloa
  • A.T ; M.D ; T. D ; Polynésie La 1ère ; d'après communiqué
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"C’est une réelle opportunité pour le consortium polynésien…il y a mille ans, nos ancêtres ont quitté Taputapuatea, aujourd’hui nous revenons", cette phrase a été prononcée par Tuku Morgan, le représentant du groupe Iwi International le 14 avril 2018. Tout le monde y a cru, le gouvernement en premier. Après l'échec du Mahana Beach porté par Gaston Flosse (2014), voici celui du Tahitian Village. Mais le Pays a malgré tout déboursé la coquette somme de 700 millions Fcp, rien qu'en frais d'études.

Malgré les prolongations de la période de mise au point des contrats, le conseil d’administration de TNAD a pris acte de l’incapacité des lauréats de l’appel à projet à réunir les conditions contractuelles prévues par le protocole d’engagement en vue de la signature des contrats.

En conséquence, le Vice-président de la Polynésie française a demandé à TNAD de réunir le Comité de Pilotage du Village Tahitien sous 10 jours afin de valider les options pour mener de nouvelles consultations dans le cadre de l’attribution des 6 lots d’hébergements touristiques, sur les 16 lots que constitue le projet global du village tahitien, et dont certains sont en phase d’études d’aménagement.
 

Petit saut dans la machine à remonter le temps... 


C'est en février 2017 que le projet du village tahitien sort du chapeau. Le 8 mars 2017, est crée le COPIL, le comité de pilotage du village tahitien. Selon l'article 1èr, l'objet principal du COPIL est "de suivre l'avancement du projet, d'évaluer et de prendre en compte les points d'attention et les risques du projet et de préparer les arbitrages à prendre par le Président de la Polynésie française ou du vice-président". 


L’établissement public TNAD avait procédé au lancement d’une procédure dite d’appel à projets en novembre 2017, afin de désigner, pour chacun des 6 lots identifiés du projet de village tahitien, un lauréat avec lequel il cosignerait un contrat l’autorisant à occuper une dépendance de son domaine public lui permettant de réaliser son projet.

Le Groupement KAITIAKI TAGALOA, avait été déclaré lauréat le 13 avril 2018 et avait signé le 17 août 2018 avec TNAD, le protocole d’engagement marquant le début de la période de mise au point des contrats de 200 jours, en vue de la signature des contrats définitifs.

A la date du 22 mars 2019, le groupement néo-zélandais n’avait toujours pas produit les pièces nécessaires à la signature des contrats et avait donc sollicité un délai supplémentaire afin de pouvoir respecter ses engagements contractuels. Un délai supplémentaire accordé par TNAD, en accord avec le gouvernement de la Polynésie française, d’abord jusqu’au 6 mai dernier puis jusqu’au 30 juin 2019, à la suite d’une nouvelle demande du groupement d’investisseur lauréat.
 

Des grains de sable dans les plans

Mais un hôtelier de la place pointe également du doigt les baux de 70 ans proposés par le Pays aux futurs investisseurs : "trop court pour les 70 milliards mis en jeu".

Se pose également la question de la fréquentation touristique. Si elle est en hausse depuis 2018, avec l'arrivée de French Bee et United Airlines, les touristes visent surtout la petite hôtellerie et les Air BnB. Et lorsqu'ils logent à l'hôtel, ils se rendent à Moorea ou Bora-Bora. Pour les professionnels du secteur, la rentabilité de leur investissement passe avant tout par un taux de fréquentation plus important à Tahiti.

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