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Le coprah : une filière à réformer au risque de la voir disparaître

Quatrième ressource économique du fenua, le coprah participe au maintien des populations dans les atolls. En 2016, la subvention accordée par le pays s’établissait à 1, 3 milliards cfp. Un dispositif de soutien essentiellement « social » selon la cour des comptes.

© Polynésie 1ère
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  • A. T
  • Publié le , mis à jour le
Ce n’est pas une nouveauté ! Troisième meilleur produit à l’export, la filière coprah ne se porte pas très bien. En 2016, le cours de l’huile avait explosé et la Polynésie n’en avait pas profité. Aujourd’hui, Rotterdam, les Philippines et l’Indonésie se partagent 80% de la production mondiale, soit 3 millions de tonnes par an.

Une filière à caractère « social »

Cette culture traditionnelle du coprah occupe une place tout à fait particulière dans l'économie des atolls. Ceux-ci concentrent plus de la moitié de la production totale. 65% de la production proviennent des Tuamotu, qui recensent 5 698 coprahculteurs.

Elle est, pour ces derniers, la seule source de revenus. Le territoire participe au maintien de ces populations. Et pour ce rôle économique et social, la culture du coprah bénéficie du soutien financier des pouvoirs publics. Pour cette raison, c’est le pays qui fixe les tarifs d’achat. 140 francs le kilo.

Les coprahculteurs ne touchent même pas le smig

14 334 cfp, c’est le revenu mensuel d’un coprahculteur. Dix fois moins que le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG).

Rares sont les travailleurs qui possèdent leur propre cocoteraie, ils versent un loyer au propriétaire. Ainsi, pour 1 kilo de coprah, le travailleur perçoit au minimum 50 francs quand le propriétaire peut toucher jusqu’à 90 francs.

Une filière à réformer

Dans sa synthèse, la cour des comptes pointe du doigt le manque d’information du pays sur ses résultats. Pour elle, «son évaluation, qui n’a jamais été menée depuis sa création, apparaît aujourd’hui nécessaire. Elle requiert un recensement et une analyse socio-économique des bénéficiaires afin de réformer le dispositif et d’en assurer la transparence.

Cette réforme ne saurait cependant être menée sans la définition préalable des buts poursuivis et des priorités, puisque le soutien au prix du coprah se trouve à la jonction du soutien agricole, de la politique de l’emploi et de l’action sociale. Au vu des objectifs poursuivis, il conviendra de doter la caisse de moyens adaptés à sa mission.
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