Surendettement : effacer les dettes pour mieux repartir

IIlustration. La commission de surendettement intervient pour limiter la casse. Les dettes du débiteur effacées, les créanciers n'ont plus aucune chance d'être remboursés.
Le nombre de dossiers de surendettement atteint 34% en 2021 en Polynésie française. 242 dossiers ont été déposés à l'Institut d'émission d'outre-mer contre 141 en 2020. Une hausse qui reste malgré tout en dessous de la période d'avant covid en 2019. Dans 70% des cas, la commission de surendettement annule les dettes.

Hurimana Teiho, 40 ans, s’est débarrassé des mauvaises herbes qui l’empêchaient d’avancer. Au chômage depuis 3 ans, il avait accumulé des factures non soldées et des sommations de payer d’huissiers. Grâce à la commission de surendettement, ses dettes ont été effacées. "Un grand soulagement, mais cela nous apprend que part on n'est pas tout seul, il y a l'aide du territoire. Cela peut arriver à n'importe qui, et je conseille qu'il ne faut pas avoir honte, car ça peut arriver à tout le monde. Il y l'aide du territoire, il y a l'aide de l'IEOM et et il faut le faire", estime Hurimana.

Hurimana n'aura plus à supporter le poids de ses dettes qui ont toutes été effacées. Désormais, il ne devra plus vivre au-dessus de ses moyens.

L’endettement moyen par famille s’élève à 2,3 millions cfp et dans plus de 70% des cas, les dettes ne sont pas étalées, mais totalement effacées pour leur donner une seconde chance, même si Hurimana sait qu’il ne peut plus emprunter désormais. "On dit toujours : il faut souffrir pour ne plus souffrir. Là ça m'est arrivé une fois, mais maintenant on, fait très attention. Ce n'est plus comme avant où on s'en foutait complètement, là on fait vraiment très attention", remarque Hurimana Teiho.

Les dossiers sont beaucoup moins nombreux qu’en 2019, l’année de référence avant la crise sanitaire. Dans la majorité des cas, les personnes surendettées sont sans ressources et 24% des demandes proviennent de retraités.

De plus, l’inflation n’arrange rien. "Nous rencontrons toujours les mêmes difficultés, notamment par rapport à la vie chère. En ce moment avec les tensions inflationnistes qui pèsent sur les budgets des ménages, il devient de plus en plus difficile de tenir ses budgets. Donc nous sommes confrontés à des situations budgétaires des familles extrêmement difficiles", explique Fabrice Dufresne, directeur de l'IEOM.

A noter que lorsque les dettes sont effacées, les prêteurs et les bailleurs publics ou privés ne sont pas remboursés.