Un homme agresse sexuellement sa collègue

justice polynésie française
Palais de justice de Papeete
©Axelle Mésinèle / Polynésie 1ère

Devant le tribunal correctionnel, mardi 23 mars 2021, un homme devait répondre d’agression sexuelle. Sa victime, une de ses collègues. Tous deux travaillent pour une mairie et selon la victime, elle a eu du mal à se faire entendre par sa hiérarchie.

Pendant ce procès qui s’est tenu à huis clos partiel, la victime, une petite femme au caractère réservé, a expliqué comment son collègue de travail, un jardinier, l’a agressée. Le 3 janvier 2019, alors qu’elle s’apprêtait à enjamber une fenêtre pour se rendre à la cantine d’une école, où elle est agent d'entretien et prendre son petit déjeuner, il a posé sa main sur son sexe en lui disant qu’il souhaitait avoir une relation intime avec elle. Surprise, elle le repousse et court se réfugier auprès de l'autre jardinier de l'école.

La jeune femme a fait part des faits d'agression à la directrice de l'école puis à la mairie. Une réunion a bien eu lieu avec les deux protagonistes, mais chacun est resté sur ses positions. L'homme qu'elle accuse d'agression ne reconnaissant pas les faits, à l'issue de cette réunion, la victime décide de porter plainte. Une démarche qui ne plaît pas à sa hiérarchie. Selon le témoignage de la victime à la barre du tribunal correctionnel, la directrice générale des services lui a même demandé de retirer sa plainte. Cette histoire devait se régler en interne. Lors de cette rencontre, la DGS lui dit qu’il sera " grondé " mais ne parle jamais de sanction administrative si les faits étaient avérés.

Voulant que son agresseur soit puni, la jeune femme va jusqu’au bout de sa démarche et écrit également au procureur pour dénoncer le harcèlement dont elle fait l’objet de la part de sa hiérarchie. Le nouveau maire de la commune finira par l’entendre et lui a trouvé une place dans un autre service.

Le prévenu nie catégoriquement les faits et dit ne pas comprendre pourquoi sa collègue l’accuse. Pendant son procès, alors que le président du tribunal correctionnel lui demande pourquoi elle inventerait une telle histoire, il répond " peut-être qu'elle voulait de moi ". Pour discréditer la victime, il racontera même pendant l'audience qu'elle consomme de l'ice avec d'autres employés.

Le tribunal correctionnel a condamné le prévenu à 2 ans de prison dont un an avec sursis probatoire de 2 ans. Il est désormais inscrit au fichier des délinquants sexuels. Il ne peut plus entrer en contact avec elle, même dans le cadre professionnel. Il devra indemniser la victime à hauteur de 300 000 francs. Une victime soulagée d’être enfin considérée comme telle.

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