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Propos racistes en ligne: six mois de sursis requis contre Henry de Lesquen

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Henry de Lesquen
Henry de Lesquen ©AFP
Coefficient de blancheur des footballeurs, longévité des rescapés de la Shoah: six mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende ont été requis mercredi contre Henry de Lesquen, président de radio Courtoisie et candidat à la présidentielle.
"Les débats ont été surréalistes. On a eu droit à un bon panorama des obsessions de M. de Lesquen", a résumé le procureur comparant les propos du prévenu à "une rediffusion de Radio Paris" qui propageait la propagande allemande durant l'Occupation.
 

Quatorze textes incriminés

La défense a réclamé la relaxe en défendant "la liberté du commentaire". Le jugement a été mis en délibéré au 25 janvier. Pas moins de 14 textes publiés sur son site et ses comptes Twitter, entre décembre 2015 et juillet 2016, sont poursuivis par la justice pour "injures publiques, contestation de crimes contre l'humanité et provocation à la haine raciale".
 

 "La musique nègre s'adresse au cerveau reptilien"

"Centrée sur le rythme, la musique nègre s'adresse au cerveau reptilien". "C'est le racisme des juifs qui les a conduits au monolithisme quand ils ont privé de leurs dieux les goyins qu'ils haïssaient", a écrit Henri de Lesquen dans deux tweets datées de décembre 2015 et janvier 2016.
           
"Je suis émerveillé de la longévité des rescapés de la Shoah morts à plus de 90 ans. Ont-ils vécu les horreurs qu'ils ont racontées ? (...) La plantureuse S. Veil rescapée de la Shoah a 88 ans. A ma connaissance, elle va bien", a posté le prévenu sur Twitter les 27 et 28 avril 2016.
 

En lutte contre le "cosmopolitisme"

Dans d'autres textes, il s'interroge sur "le coefficient de blancheur des équipes de balles aux pieds". A la barre, Henry de Lesquen, ancien haut-fonctionnaire de 66 ans, fines lunettes et cheveux blanc, costume sombre à rayures, se dit victime d'un "procès politique" pour délits d'opinions et qualifie les parties civiles qui ont dénoncé ses propos d"officines de délation".
 
Il se décrit comme "un patriote français" en lutte contre "le cosmopolitisme" de "ceux qui ne veulent plus que la France soit un pays de race blanche et de religion chrétienne".

La "musique nègre", persiste-t-il, est "obscène de part en part", fondée sur un rythme à connotation sexuelle qui conduit à "l'ensauvagement de l'homme". Quand selon lui, "la civilisation, c'est la maîtrise des instincts".
 

Accusation d'antisémitisme

A propos de la Shoah, il dénonce un "racisme" subi par des internés non-juifs d'Auschwitz qualifiés de déportés alors que les autres sont des "victimes de la Shoah" ce qui, regrette-t-il, leur confère "une dignité supérieure". Plus tard, il explique que "le journal d'Anne Frank est une imposture" car écrit par son père.
 
Cet énarque et polytechnicien conteste toutefois avoir écrit les articles incriminés sur les footballeurs mais revendique leur auteur comme "un disciple". "Je l'ai repris car il était pédagogique, amusant et qu'il illustrait bien la théorie du grand remplacement, la substitution des personnes de races blanches par des personnes de races non-blanches", a-t-il justifié.