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Publication d’un livre sur une histoire de France qui commence par le code noir

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Les luttes et les rêves de Michelle Zancarini-Fournel
Les luttes et les rêves de Michelle Zancarini-Fournel ©DR
Alors que plusieurs candidats à la présidentielle, de François Fillon à Jean-Luc Mélenchon, souhaitent un retour du "récit national" pour l'enseignement de l'histoire, un livre à paraître privilégie l’histoire des opprimés et débute par l'adoption du Code noir. 
C'est l'histoire de la France vue d'en bas que privilégie l'historienne Michelle Zancarini-Fournel dans "Les luttes et les rêves. Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours", à paraître le 1er décembre chez Zones, un label des éditions La Découverte.

Adoption du Code noir

Le récit commence en 1685, date de l'adoption du Code Noir qui établit pour la première fois le fondement juridique de l'esclavage "à la française". Cette année-là est également la date de la révocation de l'Edit de Nantes qui exclut les protestants de la communauté nationale.

Sur les panneaux, sont également rappelés les articles du Code Noir
©David Ponchelet


Une histoire des opprimés

"Choisir cette date comme point de départ d'une histoire de la France moderne et contemporaine, c'est vouloir décentrer le regard, affirmer l'intérêt pour les vies de femmes et d'hommes sans nom, pour les minorités religieuses et de couleur et pas seulement pour les puissants et les vainqueurs", explique-t-elle. Son livre accorde une large place aux colonisés et aux migrants qui "ont façonné ce pays".
 
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Scène de punition d'un esclave ©DR


Une histoire populaire

Le livre de Michelle Zancarini-Fournel, spécialiste d'histoire sociale contemporaine et co-auteure notamment du volume consacré au temps présent dans l'imposante "Histoire de France" publiée chez Belin, rappelle évidemment le best-seller de l'Américain Howard Zinn, "Une histoire populaire des Etats-Unis d'Amérique".

Membre de la Commission Stora

L'historienne qui fait partie de la Commission Stora mise en place par le ministère des Outre-mer explique qu'elle a voulu "écrire l'histoire des gens de peu". Son récit, engagé, mais rigoureux dans la recherche des sources, souvent captivant, fait entendre la voix de "sans-voix" et notamment des femmes.