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Ile de La Réunion : les tortionnaires de l'environnement face à la justice

faits divers
La Réunion
Les hauts de l'île de la Réunion classés patrimoine mondial de l'Unesco. ©Mercédès Chillon (Réunion 1ère)
Une audience spéciale défense de l'environnement se tient à Saint-Denis face au tribunal correctionnel. Douze prévenus sont jugés. Onze pour avoir pêché dans la réserve et un agriculteur pour avoir détruit 22 hectares de forêt primaire.
"La forêt primaire ne s'en remettra peut-être jamais" cette phrase a été prononcée au mois de février par le directeur de l'ONF (Office National des forêts) quand le scandale a éclaté. Vingt-deux hectares de plantes endémiques et d'espèces indigènes dévastés par un agriculteur de Sainte-Marie. Bernard De Palmas, 59 ans, élève des cerfs et des bovins sur les hauts de cette commune du nord de la Réunion. Il voulait agrandir l'espace pour ses bêtes. Fin octobre, à coup de bulldozer, il entreprend d'élargir les sentiers. Bilan : 22 hectares détruits dont douze de forêt primaire et 100 m2 situés au coeur du parc national. Il encourt 198 millions d'Euros d'amende et deux ans de prison.

Jeudi après-midi le tribunal a décidé de renvoyer le dossier pour avoir le temps de se déplacer et de constater ce qui est reproché à Bernard De Palmas
La déclaration de Maitre d Antelme à la sortie du tribunal.

Le lagon et les poissons

Les onze autres prévenus ont perpétré leurs délits dans l'eau et plus précisément dans le lagon ou sur la barrière de corail. Tous ont déjà été interpellés à plusieurs reprises par les agents de la réserve marine. Ils pêchent dans la réserve mais également dans les zones protégées. Ils ont fait l'objet de rappels à la loi, d'amendes ou encore de stages de sensibilisation. Pourtant, le dernier des prédateurs de l'environnement a été interpellé en pleine nuit. Il sortait du lagon avec 15 kilos de poissons. Toute la panoplie judiciaire a été utilisée avant de les renvoyer devant le tribunal correctionnel. Désormais, ils encourent 22 500 Euros d'amende, la confiscation de leur matériel de pêche et la suspension de leur autorisation.
Ces audiences spéciales chargées de protéger la nature vont se multiplier. Le temps des avertissements est révolu. Place désormais aux sanctions.

Itw de Marylène Hoarau, Directrice du Parc National des Hauts, invitée de l'émission Gran'Matin du 15 mars 2013