Saint-Denis : un havre de paix pour les femmes victimes de violences

société
Façade Amafar
©Fabrice Floch
Tous les ans des femmes décèdent sous les coups de leurs conjoints à La Réunion. Des plaintes pour ces violences intrafamiliales ont augmenté de 35% en trois ans. Pour enrayer cette tragédie deux nouveaux centres d’accueil de victimes ont ouvert leurs portes à Saint-Denis et au Tampon.
L’Amafar-EPE (Association des maisons de la famille de La Réunion) a officiellement inauguré deux centres d’accueil de jour pour les femmes victimes de violences conjugales.
En quelques mois d’existence, les structures des 2 rues Jules-Ferry à Saint-Denis et 123 avenue de L’Europe au Tampon ont ouvert leurs portes à 40 femmes en détresse.
 
Un premier pas
 
Sur place, elles trouvent des psychologues, des écoutantes, des éducateurs, mais également des coachs diplômés en victimologie et criminologie ou une éducatrice spécialisée entre autres…
Tout est fait pour que les plaignantes soient sécurisées et se confient. « Ce n’est pas facile pour elles de pousser la porte. C’est un premier pas, il est essentiel », confie Florence Léger, psychologue clinicienne.
 
Souvent étrangères
 
Au Camélias, comme à La Châtoire, les victimes présentent les mêmes peurs et les mêmes souffrances : « Souvent, elles mettent des années avant de rompre le silence. Elles subissent d’abord des insultes puis des humiliations verbales et arrivent les coups. Elles ont du mal à venir nous voir et à se confier. Les femmes, que nous avons reçu ces derniers mois, sont souvent originaires de l’île Maurice ou de Madagascar. S’ajoute la difficulté d’être étrangères ».
 
4 fois plus de victimes
 
Ces haltes totalement gratuites sont ouvertes à toutes les femmes victimes de violences. L’anonymat est garanti. Un espace de repos est d’ailleurs à la disposition des victimes qui souhaitent souffler. Les personnels de la structure ne sont pas là pour juger ou effectuer la moindre démarche sans l’accord de la plaignante.
Ces deux maisons de la famille sont essentielles dans un département où les violences faites aux femmes sont quatre fois plus importantes qu’ailleurs.

Le reportage de Steve-Henry Peeters et Christian Krans