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L'île Maurice dans le top ten des meilleures destinations fiscales...

L'île soeur figure cette année encore dans le "top ten" des meilleures destinations fiscales. Selon un classement effectué par le cabinet John Theron, spécialisé dans les changements de résidence fiscale, l'île Maurice demeure très attractive malgré les conventions signées avec la France. 

© Erwann Ponnet
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  • Par Erwann Ponnet
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La palme revient à la Principauté d'Andorre, mais l'île Maurice n'est pas loin dans le classement. Chaque année, un cabinet international spécialisé dans le changement de résidence publie son palmarès des meilleures destinations fiscales. Pour 2013, l'île soeur se hisse à la quatrième place après Andorre, Monaco et Les Bahamas.

Andorre arrive donc en tête, de cette liste, grâce à une absence totale d'impôts sur les personnes physiques qui n'exercent aucune activité commerciale et qui bénéficient alors d'un statut de "résident passif". Monaco suit en seconde position, selon le cabinet John Theron. Dans cette deuxième principauté, l'impôt des personnes physiques est nul sauf pour les citoyens français qui ne veulent pas abandonner leur nationalité. Suivent Les Bahamas, avec la même absence d'impôts, puis l'île Maurice ou Malte qui pratiquent un taux d'imposition maximal de 15%.  

800 à 5000 exilés fiscaux chaque année selon les estimations

"Optimisation fiscale" selon un langage feutré ou "exil fiscal", la démarche est légale, mais il est, dans tous les cas, bien difficile d'obtenir les chiffres sur l'ampleur du phénomène. Du coté de Bercy, pour Daniel Baldaia, de telles études n'existent pas. Le chargé des relations avec la presse au Ministère des Finances avance le "secret fiscal"  en reconnaissant cependant que la question est éminemment politique...d'autant qu'à l'instar de John Theron, pour les cabinets spécialisés : "il y a des paradis fiscaux parce qu'il y a des enfers fiscaux". Et c'est donc dans ce contexte que ces sociétés recherchent ouvertement les meilleures destinations fiscales et s'occupent de toutes les démarches pour le changement de résidence. Sur sa page d'accueil, le site de John Theron est explicite  "John Theron est à même d'analyser les meilleures opportunités pour le choix de votre pays de résidence afin de minimiser votre imposition fiscale ou dans le cadre de votre migration professionnelle tout en vivant sereinement ". Si l'administration fiscale n'a pas, ou ne communique pas, de chiffres sur l'expatriation fiscale, les experts estiment à 800 le nombre d'exilés fiscaux en France chaque année... C'est en tout cas le chiffre qu'avançait le site Atlantico, en Novembre 2012, dans un article intitulé : " Exil fiscal : ceux qui partent à l'étranger trahissent-ils la France ? "  Le phénomène est beaucoup plus important selon Me Jacques-Henry de Bourmont, avocat fiscaliste.  "En 2013, on estime à 5.000 le nombre d'expatriés fiscaux" affirme l'associé du cabinet Lefèvre Pelletier & associés dans une publication intitulée " Exil fiscal - l'exode, mythe ou réalité ? " du site des français à l'étranger, lepetitjournal.com.

L'expatriation fiscale vers l'île Maurice : attractivité, personnalités... et discrétion !

Alors que le site d'information touristique officiel de l'île Maurice se fait le relais du palmarès du cabinet John Theron, cette question semble plutôt embarrasser les autorités de l'île soeur. A Port-Louis, le Bureau de la Nationalité préfère rester discret sur le nombre de français qui chaque année demandent cette nationalité mauricienne ou qui, plus simplement, s'intallent sur l'île avec le statut de résident. Pour Mme Duthummon, la responsable du service, l'information dépend directement du Premier Ministre et ne peut être divulguée..."avant étude de la demande écrite par les autorités compétentes". Pourtant, l'expatriation fiscale vers l'île Maurice est loin d'être un simple mythe... bon nombre de retraités, par exemple, choisissent cette destination avec pour seules obligations de passer des tests médicaux, d'assurer, sur un compte ouvert sur place, le versement de 32 000 euros annuels et d'y résider effectivement 180 jours par an. Le permis de résidence obtenu donne immédiatement accès aux avantages fiscaux qui en découlent.  D'autres ont franchi un pas supplémentaire en demandant la citoyenneté mauricienne. C'est le cas notamment de l'élu marseillais Renaud Muselier ou de l'ex-star de tennis Marie Pierce. Enfin, plus récemment, s'il n'a pas finalement cédé à la tentation de l'exil mauricien, au moment de déclarer son patrimoine, Thierry Robert, le député-maire de Saint-Leu, n'avait rien caché de ses motivations.


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