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Lynchage de Nosy-Be : des experts de La Réunion identifient les corps des suppliciés

faits divers
Madagascar : Nosy-Bé
©DR
Deux légistes Réunionnais ont été dépêchés à Madagascar pour identifier les victimes du lynchage de Nosy-Be. Trois hommes ont été tués par la foule le 3 octobre dernier. Ils étaient accusés d’être impliqués dans la mort d’un enfant et dans un trafic d’organes humains.
Deux médecins spécialisés dans les identifications criminelles sont à Madagascar pour identifier les corps des trois hommes mis à mort, la semaine dernière, sur l’île de Nosy-Be.
Un français, un franco-italien et un malgache ont été lynchés, ce jeudi 3 octobre 2013, par une foule de 3 à 4000 personnes. Ils étaient accusés du meurtre d’un enfant de huit ans et d’être responsables d’un trafic d’organes international.
Une semaine après cette tragédie, qui avait débuté la veille par l’attaque de la gendarmerie par les « justiciers ». Treize personnes ont été interpellées et transférées vers la capitale, Tananarive. Onze ont été inculpées pour les violences exercées contre les militaires, deux sont poursuivies pour les meurtres des deux européens et du malgache, oncle de la petite victime.
 
Les images pour preuve
 
Les gendarmes de la grande-île appuient leurs accusations contre les deux meurtriers présumés sur la saisie de photos et de vidéos de la presse locale. Le général en charge de cette affaire, qui a dépassé les frontières malgaches, a précisé jeudi : " Il y a encore huit autres personnes identifiées et recherchées. On connaît leurs noms, on sait où elles habitent, on sait également comment elles étaient habillées lors du lynchage ".
Reporter sans frontière a vivement critiqué les méthodes des enquêteurs de Madagascar dénonçant l’arrestation de deux journalistes locaux : " les journalistes ne sont pas des auxiliaires de justice. Le comportement des autorités malgaches qui visent à utiliser les sources journalistiques dans le cadre d’une enquête criminelle porte atteinte à la liberté d’information ".
 
Deux versions s’opposent
 
Les investigations sur les circonstances de la mort de Chaino, 8 ans, avancent lentement. Il avait disparu, le vendredi 30 septembre 2013, à la sortie de la mosquée. Son corps sans vie a été retrouvé dans le lagon flottant entre deux eaux. A partir de cet instant les vérités et les contre vérités s’entrechoquent.
Selon les témoins étrangers au drame : l’enfant est mort noyé, n’a pas subit de violences sexuelles et les plaies parfois profondes relevées sur son corps sont dues aux prédations marines.
Selon la famille et des enquêteurs de Nosy-Be : l’enfant était mort avant d’être jeté dans l’eau. Il a été émasculé et sa langue a été coupée. D’autre affirment qu’il aurait été éviscéré.
 
Des mises à mort traditionnelles
 
En revanche les sociologues qui ont travaillé à Madagascar sont formels, le passage à l’acte des bourreaux n’est pas surprenant. Ces faits terribles ont été relatés sur le plan international, un français, un franco-italien étant lynchés avec un malgache. Malheureusement, si la seule victime avait été l’homme originaire de la grande-île, ce fait-divers n’aurait pas fait la Une de la presse.
En 2012, 60 voleurs de zébus (des photos des 60 morts circulent sur Internet), ou suspectés de l’être, ont été tués par des villageois dans le sud de cette île continent. Aucun média n’en a fait état. Manifestement la mise à mort d’un criminel ou d’un voleur est traditionnelle. Le lynchage est admis. La foule de « justiciers » a été très surprise par la réaction des gendarmes quand elle a demandé aux militaires de livrer la future troisième victime. Un homme remis en liberté, quelques heures plus tard, et tué dès sa sortie. 
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