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Madagascar : incarcéré pour tourisme sexuel. Libéré en payant la justice

Un réunionnais incarcéré à Madagascar affirme avoir été libéré grâce à la corruption de l’appareil judiciaire de la grande île. Stéphan* était accusé de tourisme sexuel. Une inculpation qui peut concerner tous les touristes accompagnés d’une femme malgache.

Stéphan monte ses derniers films sur Madagascar. Des images de la vie de tous les jours, sans la moindre allusion sexuelle. Il se contentera désormais de ses souvenirs après avoir passé trois mois dans la prison de Tamatave. © Gilbert Hoair
© Gilbert Hoair Stéphan monte ses derniers films sur Madagascar. Des images de la vie de tous les jours, sans la moindre allusion sexuelle. Il se contentera désormais de ses souvenirs après avoir passé trois mois dans la prison de Tamatave.
  • Par Fabrice Floch
  • Publié le
Stéphan, 39 ans, tient à témoigner après les drames de Nosy-Be. La crise malgache rend le pays encore plus dangereux pour les touristes. Ce réunionnais, habitué des vacances dans la grande-île, a été incarcéré à Tamatave en début d’année pendant plus de trois mois. Il était accusé de tourisme sexuel : « il suffit d’être contrôlé sur la plage où dans une chambre d’hôtel en compagnie d’une fille majeure pour être inculpé ». Aujourd’hui, de retour dans son île contre le versement de 3 500 Euros aux autorités judiciaires de la ville, il a le sentiment que tous les « vazahas » (blancs en malgache) peuvent être piégés comme lui.
 
Des vacances cauchemardesques
 
« Je suis parti à Mada au mois de décembre 2012 Je me suis installé dans un petit hôtel de Tamatave. Le 8 janvier vers 5 heures du matin en rentrant à l’hôtel, le patron m’a dit qu’il y avait eu une perquisition », Stéphan reprend son souffle et poursuit : « c’est là qu’il m’a donné la convocation des gendarmes. Sur place le commandant m’a expliqué que les trois filles du restaurant dans lequel je déjeunais m’accusaient d’avoir tourné, avec elles, un film porno sans leur accord. Il m’a demandé de verser 400 Euros par fille si je ne voulais pas d’ennuis. Je n’ai pas payé, je me suis retrouvé au tribunal, puis en prison ».
 
Cent par cellules
 
Incarcéré dans les geôles de Tamatave dans des conditions d’un autre âge. Ils étaient à 100 par cellules de 30 m2, ils dormaient sur une paillasse superposée de trois étages à 35 par « lit ». Obligé d’acheter sa propre nourriture auprès de l’hôtelier grâce à un carnet de liaison, il s’est accroché à la visite quotidienne d’une française dépêchée sur place par le consulat et aux soutiens de ses proches. Stéphan précise : « elle m’a dit que j’étais le dixième à me retrouver derrière les barreaux de cette prison, pour la même raison ». Grâce à son frère et un policier local dont la sœur est mariée à un réunionnais, il savait qu’une importante somme d’argent serait rapidement versée pour lui permettre de retrouver la liberté. Au final, ses soutiens auront payé plus de 3 500 Euros aux responsables de la justice locale.
 
Cette fois, il paye
 
L’aventure aurait pu encore déraper au mois d’avril. Libéré depuis le 18 mars 2013, il était hébergé chez un policier, beau-frère d’un réunionnais de Saint-Denis en attendant d’obtenir son visa pour rentrer à La Réunion. Quelques jours avant de quitter la côte Est malgache, il se promène sur la plage. Une fille l’aborde : « je n’ai pas discuté longtemps. Des gendarmes sont arrivés et m’ont encore accusé de tourisme sexuel. Cette fois, la jeune femme a protesté, moi j’ai donné tout l’argent que j’avais dans mes poches, après j’ai attendu le jour de mon retour sans bouger. L’accusation de tourisme sexuel concerne, un touriste qui sort avec une malgache. Il n’est pas question ici, de pédophilie ou autre perversion. Une chose est certaine aujourd’hui, je ne mettrai plus jamais les pieds là-bas ».  
 
*Stéphan : nom fictif pour préserver l’anonymat du témoin
Ce carnet de liaison est donné aux touristes pour qu'ils commandent à manger dans les hôtels où ils ont loué leur chambre. © Gilbert Hoair
© Gilbert Hoair Ce carnet de liaison est donné aux touristes pour qu'ils commandent à manger dans les hôtels où ils ont loué leur chambre.
il commandait à manger où des ustensiles pour son bien être. L'ensemble des services est facturé. © Gilbert Hoair
© Gilbert Hoair il commandait à manger où des ustensiles pour son bien être. L'ensemble des services est facturé.

 

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