La question de l'avortement revient devant l'Assemblée Nationale. « Ne touchez pas à notre droit à l'IVG » réclame l'UFR

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39 ans après l'adoption de la loi Veil, la question de l'avortement revient devant le Parlement ce lundi 20 janvier. Des députés PS ont proposé deux amendements qui ont mis, hier, les anti-IVG dans la rue. L'Union des Femmes Réunionnaises s'inquiète d'un recul en la matière.
Le premier amendement prévoit d'étendre le "délit d'entrave à l'IVG". Les pressions sur les médecins et les femmes enceintes dans les hôpitaux étaient déjà passibles de poursuites.

Le deuxième amendement veut supprimer la notion de "situation de détresse". Toute femme qui ne souhaite pas poursuivre sa grossesse pourra demander une IVG. "C'est le choix des femmes de mener à terme une grossesse : elles n'ont pas à se justifier sur ce choix, a souligné la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem. Il faut faire confiance aux femmes, ce sont les mieux placées pour savoir ce qu'elles font de leur grossesse." 

Ces deux mesures sont à l'opposé du projet espagnol, qui veut limiter le droit à l'avortement aux seuls cas de viol ou de danger pour la santé de la mère.
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Par voie de communiqué, l'UFR a réagi, craignant un recul de la législation en la matière:
"Ne touchez pas à notre droit à l'IVG"
"Nous avons appris avec consternation le déroulé de la manifestation anti IVG, ce dimanche 19 janvier 2014, à Paris. Cette manifestation est, à notre sens, scandaleuse et inacceptable. Il s'agit d'une remise en cause inquiétante d'un des droits des femmes les plus fondamentaux. Une manifestation que nous interprétons, à l'Union des Femmes Réunionnaises, comme une menace. Une menace qui plane en Europe, en France et à La Réunion.
 
Alors que le gouvernement s’apprête aujourd'hui à soutenir l’amendement à la loi sur l'égalité entre les femmes et les hommes visant à supprimer l'idée de la nécessaire « situation de détresse » de la femme pour avoir recours à l'IVG, cette manifestation apparaît clairement comme une provocation. Provocation sous la forme d'un appel à la stigmatisation des femmes qui choisissent l'IVG.
Cette provocation fait écho à la destruction annoncée du droit à l'IVG en Espagne. Avec le projet de loi du gouvernement Rajoy, l’Espagne s’apprête à revenir trente ans en arrière, en procédant à la destruction du droit à l’IVG. Droit dont les espagnoles pourront bénéficier uniquement en cas de viol ou d’une situation de danger pour la mère. Une situation intolérable qui condamnera des milliers de femmes à avorter clandestinement, dans des situations sanitaires dangereuses.
 
Nous dénonçons une situation intolérable et sommes inquiètes de voir le mouvement gagner la France, avec des slogans anti-IVG qui font froid dans le dos. Ce qui se passe en Espagne et en France où le droit à l'IVG est remis en cause nous montre que la menace plane toujours sur les droits des femmes. Des droits fragilisés qui nous interdisent de sous-estimer la diffusion de ces idées extrêmement dangereuses pour l'intégrité et la dignité des femmes.
Le droit à l’IVG doit rester sûr et accessible pour toutes les filles et les femmes de la planète.
 
Nous réaffirmons notre engagement pour l'égalité des droits et dénonçons ce qui constitue une attaque majeure contre les droits des femmes. Nous ne pouvons aujourd'hui vivre dans une société qui remet dangereusement en cause ce droit inaliénable à disposer de son corps et nous nous inquiétons fortement du recul annoncé en Espagne et en Europe en ce qui concerne les droits des femmes."