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Maurice : une femme de 60 ans incarcérée pour des écrits, jugés injurieux, sur Facebook

Suzanne Hervet, une mauricienne âgée d’une soixantaine d’années, est incarcérée depuis le 21 janvier dernier. Elle est poursuivie par la justice pour des écrits diffamants sur le Cavadee. Une fête religieuse traditionnelle, à laquelle la communauté hindoue est très attachée.

© D.R
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  • Par Fabrice Floch
  • Publié le
L’affaire anodine, au début, a pris une ampleur démesurée au fil des jours et des manifestations des lecteurs en colère.
Le 18 janvier dernier, une dénommée Suzanne Hervet dénonce la tradition du Cavadee. Une fête religieuse hindoue, pratiquée et respectée par les membres de cette communauté à l’île Maurice comme à La Réunion.
Selon la mise en cause : « Cette culture n’est pas mauricienne. Elle vient du Tamil Nadu » (Ndlr : région du sud de l’Inde), et de préciser : « Si j’arrive au pouvoir…J’abolirai ces fêtes… ».
Ces dernières phrases mettent le feu aux réseaux sociaux et à la rue. Plus d’une centaine de manifestants se regroupent à Curepipe pour dénoncer les écrits de Suzanne Hervet et demandent qu’elle soit condamnée.
 
Arrêtée à son domicile                                           

Interpellée, le lundi 20 janvier 2014, à son domicile de Beau-Bassin, la femme, âgée d’une soixantaine d’années, a été placée en garde à vue aux Casernes centrales. Interrogée par les policiers mauriciens, elle a reconnu être l’auteur du texte visé. Un texte qui a été retrouvé sans aucune difficulté sur son ordinateur par les inspecteurs chargés de lutter contre la cyber criminalité. Des forces de l’ordre qui ont également découvert sur son compte Facebook une pluie d’insultes et des menaces de mort. Des injures et des menaces à peine voilées à l’encontre de Suzanne Hervet, sur l’ensemble des sites, qui font état de cette affaire.  
 
Une caution de 10 000 roupies
 
Le mardi 21 janvier, le juge en charge de ce dossier a signifié à la sexagénaire qu’elle était poursuivie pour infraction à l’Informationand Communication Technologies Act et qu’elle serait incarcérée précise le journal l’Express de Maurice.
Après une semaine de détention provisoire, Suzanne Hervet a été ramenée devant la cour de Curepipe. Là, le magistrat lui a proposée de retrouver la liberté conditionnelle contre une caution de 10 000 roupies soit 242,10 Euros. Sans le moindre sous, la cyber criminelle n’a pu s’acquitter du montant de la somme demandée. Elle reste donc en prison.

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