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Assemblée nationale : la fin des subventions pour la canne en 2017 au cœur des réflexions

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Champ de canne à sucre
©Réunion 1ère
Victorin Lurel, ministre des Outre-mer, confirme la fin des subventions en 2017 pour la filière cannes. Invité de la délégation aux Outre-mer à l’Assemblée nationale, il s’est voulu rassurant sur l’avenir de cette culture et du nouvel octroi de mer appliqué dès le 1er juillet 2014.
Dans trois ans, l’Europe et la France cesseront de subventionner la canne à sucre. Une fin programmée depuis 2006 et le jugement donnant raison à l’organisation mondiale du commerce qui avait porté plainte, en 2004, contre cette aide financière au monde agricole des régions ultrapériphériques.
Fin juin plusieurs commissions seront mises en place par le ministre pour répondre à cette question : quel avenir pour la filière en Guadeloupe, Martinique et à La Réunion ?
Du jour au lendemain, ce sont 90 millions d’Euros qui disparaîtront, 15 000 emplois en danger et l’avenir 42 000 hectares de terres agricoles remis en question.
 
La canne à un avenir en dehors du sucre
 
Conscient des enjeux économiques, sociaux et environnementaux, Victorin Lurel, ministre des Outre-mer s’est voulu confiant : « La canne à sucre est un produit miraculeux. Nous avons des débouchés, dans les bios plastiques, la cosmétique, les micros nutriments, la levure et le policosanol. Je sais qu’il y a déjà des recherches à La Réunion dans ces différents domaines et que de grandes entreprises s’intéressent déjà à ces débouchés ».
Sur les 200 000 tonnes de sucre qu’exporte La Réunion tous les ans vers la France, 100 000 tonnes seront durement touchées par la disparition de cette manne financière : le sucre destiné à être raffiné. Les sucres spéciaux resteront compétitifs. La Réunion restera le leadeur mondial sur ce marché.
 
La taxation du rhum en question vendredi 21 février 2014
 
Le rhum est également dans l’œil du cyclone. A La Réunion comme aux Antilles le jus de la canne transformé en alcool bénéficie des subventions de l’Etat. Des aides déjà montrée du doigt qui permettent, cependant, de maintenir la production et de le vendre à bas prix localement.
Le faible taux de l’octroi de mer appliqué à cet alcool fort est d’ailleurs remis en cause. Dès ce vendredi 21 février 2014, il en sera question à l’assemblée nationale. Une aide aux rhumiers, nécessaire aux Antilles, selon le ministre, pour faire face aux producteurs américains qui veulent concurrencer la production locale en vendant leurs produits dans ces départements.
A La Réunion, des voix s’élèvent à contresens. Elles demandent une hausse de la taxation sur le rhum blanc afin de lutter contre l’alcoolisme.    
 
Des bornes pour les voitures électriques
  
Jean-Jacques Vlody, député PS, a demandé au ministre des Outre-mer quelques précisions concernant l’avenir de l’octroi de mer. Taxe spécifique aux départements d’outre-mer qui permet de protéger la production locale contre les produits importés. L’argent ainsi récolté reste sur place et permet de financer les communes et les collectivités locales.
Selon Victorin Lurel : « l’octroi de mer qui entrera en vigueur au 1er juillet 2014 permettra de maintenir l’économie générale du système, même si le seuil d’assujettissement va baisser », et de préciser, « il va falloir examiner le différentiel pour les produits A, B et C ».
La dernière déclaration à retenir du ministre concerne La Réunion : « J’avais demandé l’étude pour l’implantation de bornes électriques pour les voitures. Je souhaite la concrétisation de ce projet aboutisse dans l’année ».

Audition de M. Victorin Lurel, ministre... par assemblee-nationale-fr