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L'Afrique du Sud se prépare à voter sans enthousiasme

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20 ans après le premier scrutin multiracial, les sud africains sont appelés aux urnes le 7 mai prochain. 
Le président Jacob Zuma, en campagne pour un second mandat, semble le mieux placé pour gagner ces élections (voir encadré). Lors d’un discours destiné à fêter les 20 ans de la première élection multiraciale, il avait affirmé : « Nous avons fait de l'Afrique du Sud un meilleur endroit pour vivre ».

« On ne peut pas célébrer la liberté quand il n'y a pas de pain sur la table », a rétorqué Julius Malema, ex-soutien de M. Zuma qui se présente avec un nouveau parti, le Front de libération économique. « Nous n'avons rien à fêter. Nos habitants vivent toujours dans des bidonvilles, n'ont pas d'eau courante, pas d'électricité, pas de routes correctes. La liberté c'est avoir des toilettes avec une chasse d'eau », avait-il dénoncé.

L'opposition libérale, Alliance Démocratique, emmenée par Helen Zille (voir portrait ci dessous) n'était pas en reste pour dire qu'il « y a encore beaucoup à faire » avant de dire que les Sud-Africains sont libres.

Une autre discrimination s'est imposée
 
Depuis le 27 avril1994, le PIB de l’Afrique du Sud a doublé, la pauvreté a reculé et une classe aisée noire a émergé. Mais on est encore loin de « la vie meilleure pour tous » promise par Mandela en 1994. Manque d'emplois, corruption, manque d'enseignants de qualité et d'une police fiable, système de santé public où l'on risque tous les jours de mourir en accouchant alors que le pays abrite des cliniques privées où l'on vient de tout le continent pour se faire soigner : on est passé de la discrimination par la couleur de peau à la sélection par l'argent.
 
Depuis dix ans, les explosions de violence populaire se multiplient dans les townships et les scandales de corruption se succèdent. D'anciens ministres de Mandela ont appelé au boycott du scrutin du 7 mai, un mot d'ordre quasiment sacrilège.
Vers une victoire facile de l'ANC aux élections du 7 mai
Un sondage publié par l'institut Ipsos vendredi confirme la prédiction des experts d'une victoire facile de l'ANC, au pouvoir depuis 1994, avec environ 63% des voix aux élections législatives de mercredi en Afrique du Sud. Une victoire de l'ANC permettrait au président Jacob Zuma d'être reconduit pour un nouveau mandat de 5 ans, par un vote du parlement, comme le prévoit la Constitution.

Ipsos, qui a interrogé un échantillon de 3.730 personnes en février et mars, prévoit une légère chute de l'ANC par rapport aux dernières élections générales de 2009, où le parti de Nelson Mandela avait recueilli 65,9% des suffrages. Le sondage accorde 22% des votes à l'Alliance démocratique (DA), le principal parti d'opposition. Au niveau régional, la DA devrait rester au pouvoir dans la région du Cap occidental, qui comprend la ville du Cap, estime Ipsos.
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