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Consommer Bio à La Réunion grâce à un réseau

Le 30 mai dernier la cour des comptes pointait les risques qu'engendraient les produits "premier prix" sur la santé de ceux qui les consomment. Un scandale sanitaire parmi tant d'autres qui pousse le consommateur à décortiquer l’origine de ce qui compose son assiette, puis parfois même à consommer Bio.

© annecy panon
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  • Par Annecy Panon
  • Publié le , mis à jour le
La tendance bio est à la hausse et le nombre de magasins spécialisés en témoigne. Biodiet, La Vie Claire, Gem la vie, autant de points de vente répertoriés sur l’île. Dans les rayonnages des grandes surfaces ces produits d'Agriculture Biologique ont également trouvé une place.

Des produits bio locaux

Depuis peu un concept original fait doucement parler de lui dans le chef-lieu.
Une fois par semaine,  une effervescence se fait sentir au bout de la rue de la Fraternité. Depuis février 2013, Sabrina et Alexandre Coddeville sont devenus responsables d’un point relais de la structure « La Ruche qui dit Oui ». Concrètement, le couple dionysien organise une distribution de produits locaux bio ou d'agriculture raisonnée. « Mon mari travaille dans le milieu agricole et moi je suis dans l’environnement, la culture bio fait partie de notre quotidien. Nous essayons de tendre vers une autosuffisance alimentaire et nous avons voulu trouver un moyen de partager cela à notre entourage. C’est en faisant des recherches sur internet que nous avons découvert le réseau de “La Ruche”. En février 2013 nous l’avons rejoint », raconte fièrement Sabrina Coddeville.

Se faire connaître par le bouche-à-oreille

Né dans l’Hexagone, « La Ruche qui dit Oui » est un concept qui a posé ses valises à La Réunion il y a environ 3 ans. Plus d’équité, de produits locaux sains et respectueux de l'environnement, voilà ce qui rassemble les membres de cette ruche tous les jeudis de 17 h 30 à 19 h 30.  Armée de son cabas, Olivia, 31 ans, vient s’approvisionner toutes les semaines. La jeune femme a découvert La Ruche il y a 4 mois grâce au bouche-à-oreille. « Ici, j'achète surtout des légumes, de la crémerie, des poulets fermiers et des œufs. Je ne suis pas 100 % bio mais, je consomme local parce que j’aime bien manger des produits de qualité et puis ça fait tourner l’économie des producteurs locaux. »
 
Retrouver le goût de l’authentique

La structure propose, aux 586 « abeilles » que compte la ruche, de composer leur panier via un site Internet où ils retrouvent des fruits, légumes, viandes, fromages, plats cuisinés, poissons, et produits d’épicerie.« Aujourd'hui la Ruche de Saint-Denis fait travailler 17 producteurs 100% péï. D'autres vont arriver dans le réseau », explique Sabrina Coddeville.  
Afin de livrer des produits aussi frais que possible et d’éviter le gaspillage, seuls les producteurs qui estiment avoir suffisamment de commandes se déplacent. « Ils viennent de Sainte-Suzanne, de Saint-Benoît, des Plaines, il faut que leur déplacement soit rentable », ajoute la responsable de La Ruche.
 
Manger mieux, manger juste

Protection de l’environnement, crainte pour la santé, soutien à une agriculture moins industrielle, recherche de produits de qualité : autant de raisons qui poussent à faire des sacrifices économiques. Pour Éliane, 68 ans « c’est l’horreur ». Elle qui consomme bio depuis prés de 35 ans dénonce : « Tous les pesticides, les engrais, les animaux shootés aux hormones, ça suffit ! S’il y a tant de maladies, d’allergies qui surgissent, c’est à cause de ça ». 

La santé et la sécurité restent, en effet, les premiers critères d’achat des consommateurs de bio. Mais l'un des désavantage de consommer bio pour le client reste son prix, légèrement plus élevé que la moyenne. 
Des prix qui restent bien plus élevés, pourquoi le bio est il cher ?

Les produits certifiés issus de l’agriculture biologique sont en général plus onéreux que les produits équivalents car il doivent respecter des normes strictes inscrites dans le cahier des charges AB (Agriculture Bio) :

  • le mode de production demande plus de temps, de main-d’œuvre et d’espace du fait des techniques de culture et d’élevage non intensives
  • les rendements sont généralement moins élevés (carences et fragilité face aux parasites et aux maladies)
  • l'agriculture est moins soutenue financièrement par les pouvoirs publics que l’agriculture conventionnelle.

Les économies dues à une moindre utilisation de produits chimiques ne compensent pas entièrement les dépenses supplémentaires induites par les pratiques spécifiques du bio. Le coût de revient d’une ferme biologique est donc plus élevé.

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