L’escroc condamné à 18 mois prison. Le voyagiste et la banque mis en cause

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Atchia
©Réunion 1ère
Ismaël Atchia, 54 ans, vient d’être condamné à 18 mois de prison dont 9 mois ferme, pour avoir arnaqué 79 clients pour 268 000 Euros. Un jugement très mesuré qui pointe les errements de la banque de La Réunion et de Transcontinent.
Comment oublier la plaidoirie de maître Frédéric Hoarau, l’avocat d’Ismaël Atchia lors du procès le 12 Juin 2014 : « Pour Transcontinent, il y a un partage de responsabilité. Pour la BR c’est pire. Tout cela montre les négligences inacceptables de cet établissement qui a laissé passer 150 000 Euros de chèques sur le compte de mon client, bénéficiaire du RSA ». En une phrase, le conseil vient de résumer, cette affaire qui a durée trois ans. Trois longues années durant lesquelles, le prévenu vend des séjours à Maurice, en métropole, en inde, en Afrique-du-sud à des centaines de bénéficiaires, dont certains élus du Sud. Au final, ce sont plus d’1 M 600 000 Euros qui transitent via sa banque vers les tiroirs caisses du voyagiste, sans que personne ne s’inquiète de sa soudaine fortune.
 
79 victimes flouées
 
Une fortune très relative. L’enquête de la brigade financière de la sûreté départementale démontre qu’Ismaël Atchia ne s’est pas enrichi. En fait, il a été piégé par son succès. Il voulait faire plaisir à ses clients en leur offrant des vacances clef en main pour un prix défiant toute concurrence. Ce caractère altruiste l’a conduit à sa perte. Ismaël Atchia ne parvenait plus à honorer les factures de Transcontinent. Il comblait le trou avec l’argent de des nouveaux arrivants. La cavalerie était son seul recours. Elle s’est achevée en garde à vue suite aux plaintes de ses victimes.
Au total, 79 personnes auraient été les victimes de cet escroc au grand cœur. Elles seront au cœur du rendez-vous judiciaire devant le tribunal civil en septembre prochain.
Pour la BR et Transcontinent, si ce premier jugement n’est pas satisfaisant, leurs avocats ont huit jours pour faire appel.

Reportage Laurent Pirotte et Laurent Josse