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Visite présidentielle : François Hollande attendu dans un contexte tendu

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Deux jours pour convaincre ! C’est le challenge que devra relever François Hollande. Le chômage, le pouvoir d’achat, l’avenir de la canne, l’octroi de mer, la crise du BTP,  la régionalisation des emplois, le pacte sont autant de dossiers chauds qui attendent le président.
La crise touche l’économie française et, par voie de conséquence, La Réunion. Depuis 2009, les statistiques sont formelles, la courbe du chômage ne cesse de progresser (134 860 Réunionnais inscrits au Pôle-Emploi). Les chômeurs de « longue durée » sont de plus en plus nombreux et s’enfoncent chaque jour un peu plus dans un impossible retour vers l’activité.
Dans le même temps localement, les inscriptions pour percevoir le RSA explosent (+ de 150 000 bénéficiaires en 2013).
C’est dans ce contexte avec un taux de chômage officiellement à 29% (chiffre qui n’intègre pas les précaires, les stagiaires…) que François Hollande est accueilli.
Certes, le gouvernement vient d’augmenter l’enveloppe destinée aux emplois aidés, mais l’impatience et l’inquiétude grandie chez les demandeurs d’emplois.
                             
Les ménages comptent leurs Euros
 
L’augmentation du chômage impacte directement l’économie locale. Les ménages dont l’un voire les deux parents perçoivent les minimums sociaux sont de plus en plus nombreux. Les « béqueurs de clefs » (Ndlr : petit travail au noir en créole) se sont multipliés et tous ne trouvent pas un petit boulot qui permet de gagner une dizaine d’Euros pour survivre.
Là encore, les chiffres parlent mieux qu’un long discours. La consommation des biens périssables est au point mort celle des biens durables est en chute libre, alors que la démographie a augmenté.
Difficile de trouver des solutions dans un contexte financier tendu. Si l’Etat donne plus, il ne peut trouver l’argent qu’en augmentant les impôts.
 
2017, fin des aides pour la filière canne ?
 
La menace se précise pour la filière canne. L’Europe l’a annoncé depuis longtemps, en septembre 2017 elle met fin aux quotas sucriers. Pour compenser l’effondrement du cours mondial du sucre, les planteurs percevaient une compensation financière par tonne. Un surplus qui leur permet de vivre. Demain, sans cette aide, inutile de continuer.
La CGPER comme La FDSEA, les deux syndicats agricoles attendent maintenant des réponses à leurs questions.
L’Etat va-t-il compenser la différence ?
La tonne de bagasse permettant de produire de l’électricité sera-t-elle augmentée de 3 Euros pour amortir la perte ? (Cette solution implique une augmentation des tarifs de l’électricité pour les particuliers)
En clair qui va verser les 38 millions d’Euros ?
 
L’octroi de mer va-t-il disparaître ?
 
Aucun pan de la société n’est épargné. Cette fois, François Hollande devra rassurer autant les commerçants, les industriels, les agriculteurs que les citoyens. L’octroi de mer est une taxe spécifique permettant de protéger l’économie locale. Il est censé s’appliquer aux produits importés dont La Réunion est productrice. La commission européenne souhaite modifier cet impôt en appliquent des prélèvements sur les produits locaux dont la part de marché excède 80% dès le 1er Janvier 2015.
Si, ce dispositif voit le jour le 1er Janvier 2015, les industriels de l’île annoncent la suppression d’au moins 3000 emplois dès l’année prochaine.
 
Quand le BTP est en berne l’économie boite
 
C’est le secteur économique qui a perdu le plus d’emplois ces dernières années. Le lancement de la construction de la future route du littoral redonne de l’espoir aux petits patrons, mais beaucoup d’entre eux se demandent s’ils ont encore un avenir dans cette profession.
Au cœur des discussions, en fin de semaine, la loi Duflot et la réorientation de la LBU.
Les promoteurs immobiliers désirent que les crédits s’orientent aussi vers les logements intermédiaires, un secteur délaissé au profit des logements sociaux, mais qui est essentiel pour faire vivre le BTP réunionnais.
Des ajustements techniques de la loi Duflot Sont également réclamés par cette profession au bord de la dépression.
 
Le patronat réclame 540 millions d’Euros
 
Il n’y a pas qu’en métropole que le pacte de responsabilité fait débat. A La Réunion et dans les départements d’outre-mer, les patrons ont fait les comptes et s’estiment lésés. Ils estiment que l’enveloppe de crédits allouée à leurs entreprises a été allégée de 540 millions d’Euros. Ils appuient leur demande en divisant, les 41 milliards d’Euros budgétés d’ici à 2017, par les 3,2% que représente la population domienne.
Les quinze organisations patronales locales sont unanimes, le compte n’y est pas.
Par ailleurs, ils vont demander à François Hollande de préserver la Lodéom. Cette exonération patronale des cotisations sociales est spécifique aux employeurs implantés outre-mer.
Autre son de cloche de la part des organisations syndicales des salariés. Les représentants, ici comme en métropole, dénoncent les « cadeaux » fait au patronat.
 
La mobilité et la régionalisation des emplois
 
Ce dossier est particulièrement sensible. Il suscite le débat depuis des mois, voire des années.
Les démarches pour faciliter le retour des Réunionnais, en poste dans la fonction publique en métropole, doivent-elles être simplifiées ?
GPX 974 pour les policiers n’a aucun doute : oui. Patrick Lebreton, député-maire de Saint-Joseph, rapporteur sur le sujet abonde dans le même sens. Il devait s’entretenir sur le sujet avec François Hollande, lors du passage du président sur sa commune.
Cependant, cette question n’est pas simple dans une République, une et indivisible.
Aujourd’hui, La Réunion, demain la Martinique, après-demain la Corse, la Bretagne, l’Auvergne…
 
L’énergie verte ou solaire
 
Il est paradoxale dans un département d’outre-mer ensoleillé 300 jours par an d’être dépendant des énergies fossiles. L’éolien, le photovoltaïque, l’énergie des mers en sont à leurs balbutiements. Seulement 37,8% des watts produits à La Réunion proviennent des énergies renouvelables et pour l’essentiel, ils sont produits par l’hydroélectrique et la bagasse.
L’enjeu est donc énorme surtout quand on parle d’autonomie électrique à l’horizon 2030.
Plusieurs freins sont identifiés : le montage des dossiers, l’obtention des autorisations ou encore le stockage de l’électricité produite par les éoliennes ou les panneaux solaires.
Autre point noir : comment éviter que les subventions de l’Etat soient vampirisées par des délinquants en col blanc.
 
L’assemblée unique ?
 
La réforme régionale a été adoptée le 18 Juillet 2014 par l’assemblée Nationale. En métropole, treize grandes régions verront le jour en 2016. Entre temps, les services des conseils généraux et régionaux fusionneront.
Ce projet, présenté au nom de la simplification administrative, est réclamé à corps et à cris par l’Europe depuis des années. Certes le citoyen n’aura qu’un seul interlocuteur, mais à l’heure des coupes sombre dans les budgets, il va surtout permettre à l’Etat de faire des économies. Les élus réunionnais sont, en majorité, opposés à ce chambardement.
La première à s’y opposer est : Nassimah Dindar. La présidente du département a soumis au vote de son assemblée une motion demandant la mise en sommeil de ce projet pendant dix ans.
Les discussions sur le sujet vont être animées, mais au final un retour en arrière est impossible.
 
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