La vente de requins tigre et bouledogue reste interdite

requins
Pêche des requins à Mada
©D.R
Le rapport rendu en Août 2014 par L’ANSES confirme l’interdiction de la consommation de la chair des requins tigres et bouledogues. Les analyses effectuées sur les poissons prélevés ne permettent pas d’écarter le risque d’intoxication.
« L’agence estime qu’il n’est pas possible d’exclure le risque que les tigres et bouledogues pêchés à La Réunion puissent être contaminés par des ciguatoxines (ou toxines similaires). Un foyer d’intoxication a été relevé à Madagascar en Novembre 2013. 94 consommateurs avaient été intoxiqués et neuf étaient décédés » difficile de s’opposer à l’argumentation des rédacteurs de l’agence nationale de sécurité sanitaire alimentaire, environnement, travail.
Le rapport commandé par l’IRD (Institut de recherche pour le développement de La Réunion) a été publié en Août 2014. Il s’appuie sur l’analyse des échantillons de chair des bouledogues et des tigres prélevés dans le cadre du programme Valo requin. Si les scientifiques ne relève pas une présence mortelle, la toxine est bien là : « dans une limite supérieure à la concentration considérée sans risque pour l’homme ».
 
Un risque pour l’océan Indien
 
La ciguatoxine, expliquent les experts, à la particularité de s’accumuler dans le corps humain sans jamais être éliminée. Au fil du temps et de « l’empoisonnement », le patient va ressentir des démangeaisons, puis des maux de tête, des troubles de l’équilibre, de la vision, des diarrhées, avant de tomber dans le coma et éventuellement de mourir.
Les chercheurs de l’Anses justifient leur position en soulignant que les requins tigres et bouledogues voyagent dans l’océan Indien et peuvent facilement passer de Madagascar, à Maurice puis à La Réunion. Le 10 Novembre 2013 neuf malgaches ont été victimes de la ciguatoxine en mangeant du bouledogue. Le 11 Février 2014, toujours sur la côte Est de la grande île, quatre personnes tombaient gravement malade en mangeant du squale. L’une d’elle est morte.  
 
La carchatoxine encore plus dangereuse
 
La menace est à prendre au sérieux à La Réunion. En 1993, 5 personnes avaient été intoxiquées en mangeant du requin. Les symptômes décrits dans le rapport médical correspondent à l’ingestion de ciguatoxine : « asthénie, céphalées, douleur abdominales, diarrhées, vomissements, hallucinations, arthromyalgies, paresthésies péribuccales et distales des membres ».
Une différence est à noter soulignent les experts : « les souris soumises à la toxine prélevée en 1993 sont mortes en 4 heures alors qu’elles décèdent habituellement en 24 heures ».
D’où cette conclusion de l’Anses qui attire l’attention des responsables en évoquant la présence de carchatoxine. Des toxines très proches de la ciguatera, mais non connues.
 
Prélèvements et recherches doivent continuer
 
Au terme de la lecture des 98 pages, les rédacteurs soulignent le besoin d’approfondir les connaissances sur le sujet. Les opposants aux prélèvements de requins dans le cadre des études demandées par la préfecture de La Réunion n’ont, donc, pas fini de protester. Au-delà de la sécurisation des côtes réunionnaises, ces prélèvements vont permettre, à terme, de sauver des vies. Les victimes de la consommation de chair de requins sont souvent des pêcheurs et leurs familles. Très pauvres, ils subviennent à leurs besoins en vendant les poissons les plus demandés et en mangeant les autres…
Depuis la publication de ce rapport, la « crise requin » dépasse le monde du surf et les dramatiques accidents qui l’ont endeuillé.
Comme le souligne le site Science-et-Avenir, aujourd’hui : « le danger du requin ne réside pas tant dans ses dents acérées que dans les vôtres… ».

Anses.pdf by Réunion 1ère Web


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