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Huguette Bello interpelle le Gouvernement sur la nécessité de contrôler les élevages laitiers de La Réunion

70% du cheptel laitier est atteint d’une maladie très contagieuse, la leucose bovine enzootique.  Huguette Bello demande pourquoi notre île est le seul territoire  de l’Union Européenne où cette maladie ne fasse pas l’objet d’un contrôle obligatoire et systématique.

© Réunion 1ère
© Réunion 1ère
  • Par Gilbert Hoair
  • Publié le , mis à jour le
Voici la question d’Huguette Bello et la réponse du Ministre de l’agriculture
 
 
Ma question s’adresse à M. Le Ministre de l’agriculture. Elle porte sur la surmortalité inquiétante enregistrée dans les cheptels laitiers de la Réunion. Selon une récente expertise, la cause principale se trouverait dans une maladie, non transmissible aux hommes, mais très contagieuse, la leucose bovine enzootique.
 
Alors qu’il s’agit d’une maladie à déclaration obligatoire et que, depuis 1990, les cheptels font l’objet, en France et dans l’Union Européenne, de mesures de dépistage et de plans d’assainissement, la Réunion est restée à l’écart de toutes ces précautions, à l’exception d’un éphémère plan d’éradication en 2002.
 
Résultat : 70% du cheptel laitier est atteint. Des éleveurs sont ruinés et ont dû abandonner leur activité. La production laitière a chuté.
 
Inédite, cette absence durable de dépistage de la leucose bovine reposerait sur des dérogations successives. La dernière a été renouvelée en 2007 sous la forme d’une simple lettre émanant de la Direction en charge de la santé et de la protection animales du Ministère de l’Agriculture. Cette dérogation est toujours en vigueur bien qu’aucun texte réglementaire ne soit venu la valider.
 
Sans doute la crainte que trop de bêtes ne soient abattues explique-t-elle que la leucose bovine n’ait jamais été combattue à la Réunion. Cependant, l’ensemble de la filière laitière a fini par être fragilisé. Un grand nombre d’élevages sont en difficulté ou, pire, ont déjà disparu.
 
Pourtant les éleveurs, qui supportent seuls les conséquences de ces décisions, sont disposés à relancer l’activité laitière pour peu que des mesures appropriées les accompagnent dans cette sortie de crise sanitaire.
 
Quelles décisions le Gouvernement va-t-il prendre pour que la Réunion ne soit plus le seul territoire de l’Union européenne où la leucose bovine ne fasse pas l’objet d’un contrôle obligatoire et systématique ? 
 
 
La réponse de Stéphane Le Foll aux  bons soins de madame  George Pau-Langevin
 
Monsieur le Président,
Madame la députée,
 
Veuillez tout d’abord bien vouloir excuser l’absence de Stéphane Le Foll, en visite au Salon International de l’Alimentation cet après-midi avec le Président de la République.
 
Je vous remercie pour votre question, qui traite  de la situation sanitaire préoccupante de nombreux élevages laitiers à la Réunion, situation qui soulève de vraies questions en termes de viabilité du secteur de l’élevage sur l’île.
 
Parmi les difficultés auxquelles sont confrontées les éleveurs, il y a celle de la prévalence de la leucose bovine,  une maladie d’évolution lente, qui n’est pas comme l’avez souligné transmissible à l’homme.
 
Plusieurs études scientifiques et expertises menées successivement par le Conseil Général de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Espaces ruraux (CGAAER), par l’Agence nationale de sécurité sanitaire des aliments, de l’environnement et du travail (ANSES), le Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), l’Institut de l’élevage et la DAAF, ont conclu que les surmortalités observées n’étaient pas uniquement imputables à cette maladie et ont recommandé un meilleur encadrement technique des éleveurs dans le domaine des bonnes pratiques d’élevage.
 
Ainsi, cette maladie, dont la prévalence est assez mal connue à la Réunion n’est visiblement pas à l’origine de l’ensemble des problèmes sanitaires rencontrés par les éleveurs de l’île.
 
Par conséquent, un plan d’action global va être engagé, avec un triple objectif :
-          Connaître précisément la situation épidémiologique
-          Définir les conditions d’éradication de la maladie
-          Préciser les mesures techniques et financières mobilisables au bénéfice des éleveurs dans ce contexte.
 
Enfin, je tiens à ajouter que le 6 novembre prochain, le Directeur général de l’Alimentation se rendra à la Réunion. A cette occasion, il est prévu un échange avec les professionnels et les services de l’Etat à ce sujet.
 
Le Gouvernement est mobilisé pour répondre à cette difficulté le plus efficacement possible, et l’ANSES sera saisie pour apporter l’appui scientifique nécessaire

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