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Saint-Pierre : les voleurs, de marchandises périmées, condamnés à des amendes

justice
Gaspillage alimentaire
©Natura-Science
8000 Euros d’amende contre le chômeur qui se servait et revendait les produits périmés. 500 Euros pour les employés et ex-employés de Leclerc. La relaxe pour l’ancien directeur de la Ravine-des-Cabris. Une affaire qui illustre le gaspillage des grandes surfaces.
Il y a des affaires scandaleuses à plusieurs niveaux de lecture. Le dossier jugé le 16 octobre 2014 par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre est emblématique de ces mille feuilles ou moral, législation et humanité s’entrechoquent.
 
En septembre 2013, les gendarmes de la section de recherche débarquent au domicile du « Belge » à la Ravine-des-Cabris. Ils découvrent 18 congélateurs contenant l’équivalent de 78 palettes de victuailles. La date de péremption est dépassée où, les marchandises sont abimées.
En garde à vue, l’homme explique qu’il a obtenu l’autorisation de la direction du Leclerc pour se servir dans les lots mis au rebus. En contrepartie, il entretient gratuitement les espaces verts de l’enseigne du Sud.
Cette affaire parvient aux oreilles de la justice quand, l’heureux bénéficiaire de ce contrat étrange décide de revendre, moins cher, la viande, les légumes ou les conserves qu’il obtient « gratuitement ».
 
Des amendes pour sanction
 
Moralement et juridiquement ce commerce étant condamnable, le Belge devra s’acquitter d’une amende de 8000 Euros.
Quatre employés indélicats, dont deux toujours en poste, se sont vus infliger 500 Euros d’amende pour avoir récupéré des marchandises abimées grâce à la complicité du jardinier « bénévole ». Ils lui demandaient de prendre et de stocker des produits qu’ils venaient chercher en sortant du travail.
Le directeur en place au moment des faits a, lui, été relaxé.
 
Faire disparaître les invendus gratuitement
 
Pendant le procès, il est apparu que la direction régionale avait été informée de l’échange travail contre nourriture invendable. Une procédure inhabituelle qui permettrait à un homme sans le sous de se nourrir et à une grande surface de faire des économies à bon compte. Les supermarchés sont en effet tenus de détruire les invendus. Un service qui coûte plusieurs milliers d’Euros aux magasins pour respecter les normes sanitaires de stockage et de destruction.
Cette charge est répercutée sur le prix de vente des produits.
 
L’année Européenne de lutte contre le gaspillage
 
Finalement, la présidente du tribunal de Saint-Pierre n’a pas attendu de 13 Novembre 2014 pour rendre sa décision. Le jugement est tombé ce jeudi. Il minimise le rôle du principal prévenu. Pour mémoire, le parquet avait requis 6 mois de prison ferme contre le « Belge ». Il écope d’une lourde amende mais reste libre. Ce n’est pas bien de s’improviser épicier de marchandises déclassées, mais ce n’est pas formidable, non plus, d’être pauvre au point de vendre ses services contre de la nourriture.
Pour mémoire 2014 a été décrétée année Européenne de lutte contre le gaspillage alimentaire. Cette affaire illustre, s’il en était besoin, qu’il est possible de nourrir des nécessiteux avec les invendus. 
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