Affaire des Musées régionaux : vers un nouveau renvoi du procès de Didier Robert ?

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Didier Robert interrogé par les gendarmes à la Caserne Vérines en juillet 2020.
©Imaz Press

Renvoyé en novembre dernier, le procès de Didier Robert et de l’ancienne directrice de la SPL des Musées régionaux pourrait être à nouveau reporté vendredi prochain, l’un des avocats de la défense étant atteint du Covid-19. Le tribunal pourrait néanmoins décider de juger l'élu séparément

C’est un rebondissement de taille dans l’affaire dite des Musées régionaux, alors que la tenue des élections régionales au mois de juin semble se confirmer. Le procès de Didier Robert, prévu le vendredi 9 avril prochain, est susceptible d’être renvoyé pour cause de Covid-19 : l’un des avocats de la défense ayant été signalé positif, comme l’ont indiqué nos confrères de Zinfos974.

Contacté par téléphone ce samedi 3 avril, Me Djalil Gangate, qui représente le président de Région aux côtés de Me Jean-Jacques Morel, a confirmé l’information à Réunion La 1ère. Pour être parfaitement clair, c’est en fait Me Alain Rapady, l’avocat de l’ancienne directrice de la SPL des Musées régionaux également poursuivie dans le dossier, qui est atteint du Covid-19.

Didier Robert jugé séparément ?

Compte-tenu de son état de santé, Me Rapady a adressé un courrier aux magistrats du tribunal correctionnel de Saint-Denis afin de leur demander un renvoi du procès. "Nous avons reçu une copie du courrier officiel hier soir", précise ainsi Me Gangate.

Les juges de Champ Fleuri devront se prononcer sur cette demande vendredi prochain. S’ils peuvent décider effectivement de renvoyer l’affaire, ils disposent aussi de la possibilité de disjoindre le dossier, c’est-à-dire de juger Didier Robert et son ancienne directrice séparément.

D'autant que le procureur Eric Tufféry avait déjà grincé des dents lors de la première demande de renvoi en novembre dernier, en indiquant clairement qu'il s'opposerait à une nouvelle demande de renvoi.

Prise illégale d'intérêts, abus de biens sociaux...

Pour rappel, l’actuel occupant de la Pyramide inversée, candidat à sa succession, doit notamment répondre de faits présumés de prise illégale d'intérêts, d’abus de biens sociaux et de concussion dans cette affaire.

L’enquête ouverte en 2018 par le procureur de Saint-Denis Eric Tufféry fait suite au rapport rendu l’époque par la Chambre régionale des comptes (CRC) sur la gestion et le fonctionnement de la SPL.

Un salaire XXL

Il est apparu que Didier Robert, PDG de la SPL, n’aurait pas dû toucher une rémunération nette mensuelle de 6 800 euros touchée au cours des années 2017 et 2018. Il  ne disposait pas de l’aval du conseil d’administration de la structure. Sans compter que l’élu bénéficiait d’un salaire nettement supérieur à son prédécesseur.

Suite aux révélations sur ces irrégularités, Didier Robert avait été contraint de démissionner de son poste de PDG en décembre 2018, en pleine crise des "gilets jaunes". Dans ce dossier, les avocats de l’élu ont déjà fait savoir qu’ils comptaient plaider la relaxe.

L’ancienne directrice de la SPL doit, pour sa part, être jugée pour recel de prise illégale d’intérêts. Présentée comme une proche du président de Région, elle avait bénéficié de conditions de départ extrêmement avantageuses.