Comores : deux pêcheurs iraniens repêchés à Mohéli

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Deux marins iraniens naufragés, sauvés à Mohéli, ce mercredi 24 février 2021
Deux marins iraniens naufragés, sauvés à Mohéli, ce mercredi 24 février 2021 ©Capture d'écran La Gazette des Comores

Deux pêcheurs iraniens ont été sauvés à Mohéli, ce mercredi. Ils ont été ramenés sur terre vers 11h. Les naufragés, très affaiblis, ont expliqué qu'ils avaient quitté un boutre sur un canot de sauvetage. Ils dérivaient depuis deux mois. Le bateau serait à 20 km des côtes, avec trois marins.

Deux pêcheurs iraniens ont été sauvés d'une mort certaine, ce mercredi 24 février 2021 en fin de matinée. Les deux hommes, très faibles et maigres, ont été ramenés à Mohéli par des pêcheurs de Ngazidja. Les marins dérivaient sur un canot de sauvetage quand ils ont croisé la route de ces deux pêcheurs de Ngazidja écrit La Gazette des Comores

Dans un Anglais approximatif, ils ont expliqué qu'ils étaient perdus sur l'océan Indien depuis deux mois. Ils ne savaient plus où ils naviguaient. Désespérés et à bout de forces, les deux pêcheurs ont décidé de se lancer à la recherche de secours en quittant le bateau sur le canot de survie. C'est dans cette embarcation que les pêcheurs locaux, les ont trouvés. Ils ont immédiatement précisé que leur bateau de pêche devait être à un peu plus de 10 miles de Mohéli (20 km), avec trois marins en perdition.

Les gardes-côtes auraient refusé de lancer des recherches

 

En apprenant que trois autres hommes étaient toujours prisonniers du boutre à la dérive, des bénévoles ont voulu lancer des recherches, mais des témoins affirment que les gardes-côte se seraient opposés à cette initiative. Une plainte va être déposée à leur encontre par les villageois pour non-assistance à personne en danger, précise le rédacteur.

Ce refus, s'il se confirme, est condamnable. La Convention maritime de Genève signée en 1958 stipule que l'assistance est une obligation, le secours des personnes en détresse en mer n'est pas négociable depuis1974, et il a été renforcé en 1979 avec la mise en oeuvre de recherches immédiates, si un accident maritime est signalé : "les parties s'assurent qu’une assistance est fournie à toute personne en détresse en mer. Elles le font sans tenir compte de la nationalité ou du statut de cette personne ni des circonstances dans lesquelles celle-ci a été trouvée". Ce texte a été adopté en 1982 par l'ONU (Organisation des Nations Unies).

Des recherches tardives et infructueuses

 

Après de longues heures perdues, les gardes-côtes ont pris la mer. Il était 18h. L'un, des deux rescapés, les a guidés sur l'océan, mais sans succès, avec la nuit tombante. 

Pour mémoire, en 2020, des marins malgaches ont dérivé plusieurs mois au large de Mohéli avant d'être secourus. Ils avaient été incarcérés pendant des semaines avant d'être rapatriés vers la Grande île. Les gendarmes étaient chargés d'enquêter sur les intentions réelles de ces naufragés. Il était question d'une tentative de coup d'Etat. 

Les recherches se poursuivent, mais elles restent infructueuses, pour l'instant.