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Crise sociale: moins de barrages, pré-rentrée demain pour les enseignants [SYNTHESE]

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barrage cocoteraie 25 11 18
©Patrick Ramoudou Réunion la 1ère
Cette 9ème journée de mobilisation des Gilets Jaunes a été beaucoup moins tendue et intense que les précédentes. 11 barrages en fin de journée, à peine le tiers des points de blocage actifs enregistrés chaque jour depuis le début du mouvement
Difficile de parler de repos dominical pour les Gilets Jaunes. Après un samedi particulièrement intense au Port-Est et devant la Préfecture, les manifestants semblent avoir levé un peu le pied. Une dizaine de points de blocages recensés en moyenne sur cette journée du 25 novembre, c'est 3 fois moins qu'en début de semaine. A Saint-André, au rond-point de la Cocoteraie, l'ambiance était plutôt festive. Preuve supplémentaire de ce climat apaisé: des manifestants ont même offert des letchis aux gendarmes mobilisés dans l'Est. 
barrage cocoteraie 25 11 18
©Willy Fontaine Réunion La 1ère
Après 5 nuit de couvre-feu et interdiction de circuler entre 21h et 6h, Amaury de Saint-Quentin a décidé de ne pas reconduire cette mesure dans 14 des 24 communes de l'île.

"Le déploiement de nouvelles forces de l’ordre, ont permis de consolider un retour au calme progressif" Amaury de Saint-Quentin, préfet de La Réunion


Les chiffres lui donnent pour l'instant raison. La nuit du samedi 24 au dimanche 25 novembre a été relativement calme. Pas de pillages et de gros incendie. Mais 4 personnes ont été interpellées, ce qui porte à 143 le nombre de personnes interpellées depuis le 17 novembre dernier, date du début du mouvement des Gilets Jaunes. 
 

Rush dans les stations-services


Sur le plan économique, une trentaine de stations-service de l'île ont été réapprovisionnées hier soir. Selon nos calculs, 1 million et demi de litre de carburants ont été livrés sous bonne escorte. Résultat: les 26 stations qui peuvent fournir du sans-plomb et du gasoil ont été prises d'assaut. A Saint-Denis, les bazardiers n'ont pas respecté l'interdiction municipale. Ils ont tenu ce dimanche leur traditionnel marché du dimanche au Chaudron. Le kilo de tomates se vendait à 2 euros. La plupart des producteurs péi présents au Chaudron souhaitaient écouler leur stock. Les 9 jours de blocage n'ont pas entamé leur légendaire bonne humeur.
©Réunion La 1ère
Sur le plan politique, 2 communes du sud ont formulé ce dimanche des propositions pour résoudre cette crise crise sociale. Les élus du  conseil municipal du Tampon ont approuvé une résolution dans laquelle ils demandent l’annulation de la hausse de la fiscalité régionale sur les carburants, la baisse des prix des produits de première nécessité, la revalorisation des petites retraites et des retraites des agriculteurs et enfin une réforme de l'Octroi de Mer. Un vote qui s'est déroulé en présence de plusieurs Gilets Jaunes.
Gilets Jaunes
©Mairie du Tampon
A Saint-Pierre, le maire Michel Fontaine et les élus de la majorité du conseil municipal ont également adopté une motion dans laquelle ils réclament le rétablissement des emplois aidés payés à 85% par l'Etat et des réformes structurelles pour l'ensemble de l'économie réunionnaise. Eux aussi misent sur une réforme générale de la fiscalité locale avec la suppression de l'octroi de mer et la mise en place d'une TVA Régionale. Même tonalité du côté des membres de la CIVIS.
CIVIS Gilets Jaunes
©Sophie PERSON
 

Pré-rentrée demain pour les enseignants


Le rectorat l'a décidé ce dimanche après-midi après une réunion de sa cellule de crise. Demain lundi 26 novembre 2018 sera une journée de pré-rentrée pour tous les personnels, pour organiser la reprise des enseignements.

Dans le "Premier degré" en accord avec la préfecture et en lien avec les maires, les enseignants des écoles
publiques et privées sous contrat sont invités à reprendre leurs postes à compter de demain, selon des modalités qui leur seront transmises directement par l’inspecteur de leur circonscription.

Même configuration dans le second degré. Cette pré-rentrée en tenant compte des difficultés de circulation et des consignes de sécurité du Préfet. Une décision qui ne convient pas aux syndicats. La FSU, le SAIPER et la CFTC-Education demandent au préfet de maintenir les établissements fermés tant que les barrages ne sont pas levés. 

"Plusieurs facteurs devront être réunis avant la réouverture des établissements : les transports scolaires devront être en mesure de fonctionner, les personnels devront être en mesure de rejoindre leur poste. Pour cela, il faudra que les routes soient libérées et que le carburant soit disponible sur l’ensemble du département. Les cantines et réfectoires devront être réapprovisionnés. Sans ces conditions nécessaires, les risques pris seraient trop important pour la sécurité des enfants" Laurent TURPIN président CFTC-Réunion


Enfin, difficile de savoir si ce lundi sera un lundi comme les autres. Une chose est certaine: les Gilets Jaunes poursuivent leurs consultations internes. Ils sont plus que jamais déterminés à présenter une plate-forme de revendications communes à Annick Girardin, la ministre des Outre-Mer attendue d'ici mercredi dans le département.   
 
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